Le microbiote intestinal joue-t-il un rôle dans le cancer colorectal ?

Le microbiote intestinal joue-t-il un rôle dans le cancer colorectal ?

Le microbiote intestinal joue-t-il un rôle dans le cancer colorectal ?

Dans cet article, vous allez en apprendre un peu plus sur le cancer colorectal, également appelé cancer du côlon, même s’il peut toucher le rectum. Nous vous expliquons tout sur les symptômes, les causes et l’alimentation à adopter pour se protéger le plus possible de cette maladie.

Qu’est-ce que le cancer colorectal ?

Le cancer colorectal, un problème de santé mondial, est une tumeur maligne touchant la muqueuse du côlon (60% des cas) ou du rectum, dernier segment du tube digestif reliant le côlon à l’anus (40% des cas). Dans 60 à 80 % des cas, ces cancers font suite à une tumeur bénigne, également appelée polype. Leur développement se fait généralement sur 10 à 40 ans par une séquence de mutations génétiques.

Le cancer colorectal est généralement un adénocarcinome, une tumeur maligne développée aux dépens d’un épithélium (tissu composé de cellules étroitement juxtaposées) glandulaire. Un adénome, quant à lui, est une tumeur de l’épithélium glandulaire qui est bégnine.

 

Quels en sont les symptômes ?

Les symptômes du cancer colorectal peuvent ressembler à ceux d’autres problèmes de santé, tels que la constipation. Si les signes suivants apparaissent, parlez-en à votre médecin :

 Des troubles du transit intestinal :

    • une constipation d’apparition récente ou qui s’aggrave, ou à l’inverse une diarrhée persistante

    • des nausées et vomissements

    • une sensation d’évacuation incomplète du rectum après être allé à la selle

    • l’impression que le rectum est plein

    • un besoin pressant d’aller à la selle

    • des selles plus étroites que d’habitude

    • des efforts d’expulsion des matières fécales douloureux et inefficaces.

 Du sang dans les selles :

    • présence de sang rouge ou foncé

    • selles anormalement noires.

 Des douleurs abdominales ou rectales.

 Des symptômes généraux, notamment :

    • perte de poids inexpliquée

    • anémie

    • grande fatigue

    • fièvre.

Cancer colorectal et le microbiote intestinal - Nahibu

 

Qui est touché par le cancer colorectal ?

Dans le monde, on comptait 1,8 million de nouveaux cas (environ 10% des nouveaux cas de cancer) et 881 000 décès en 2018. C’est un problème de santé global car il représente la troisième cause de mortalité par cancer dans le monde. Le taux de mortalité de ces cancers diminue dans les pays industrialisés grâce au dépistage précoce.

Dans ces pays, le risque de développer cette maladie au cours de sa vie est d’environ 5%, et celui de développer un adénome, des tumeurs bénignes qui peuvent se développer en cancer est de 20%. Lorsque la maladie est locale et détectée tôt, le taux de guérison est de 70 à 90%.

En France, le cancer colorectal est le troisième cancer le plus fréquent chez l’homme et le deuxième chez la femme. L’âge moyen au diagnostic est de 71 ans chez l’homme et de 75 ans chez la femme. En 2017, le nombre de cas était estimé à 45 000 en France.

 

Quelles en sont les causes ?

Des mutations génétiques sont à l’origine du développement des cancers. Bien que certaines formes aient un facteur génétique dans leur transmission, le mode de vie et le régime alimentaire jouent un rôle prépondérant sur leur développement.

Voici des facteurs modifiables qui favoriseraient le développement du cancer colorectal :

  • Un régime riche en viande rouge et charcuterie
  • Une alimentation pauvre en fibres
  • Une consommation trop importante et/ou trop fréquente d’alcool
  • Le surpoids et l’obésité
  • Le tabagisme
  • La sédentarité.

L’âge est un facteur non modifiable : le risque de développer ce cancer augmente chez tout le monde après 50 ans.

L’hérédité : le risque augmente si un des parents proches (parents, frères et sœurs ou enfants) a déjà eu ce cancer. 

Les personnes souffrant de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI)  sont également plus à risque.

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Le microbiote est-il impliqué dans le développement du cancer colorectal ?

Le côlon est un lieu susceptible de développer des tumeurs et c’est aussi où réside la plus grande partie du microbiote intestinal.

Plusieurs études ont montré que les communautés bactériennes présentes chez les personnes souffrant de cancer du côlon étaient différentes de celles de personnes saines, ce qui peut créer une dysbiose. Les bactéries associées à la muqueuse du côlon ainsi que les bactéries retrouvées dans les selles ont toutes les deux été étudiées dans ces études. De plus, la composition du microbiote chez le patient cancéreux est différent sur la tumeur et à côté de la tumeur (voir notre article pour tout connaître du microbiote intestinal).

Plusieurs études ont identifié des bactéries différentes mais il semblerait qu’il y ait un enrichissement global en espèces de Fusobacterium et de Campylobacter, associées avec la muqueuse tumorale, comparé à des tissus non tumoraux chez les mêmes patients. Un enrichissement en ces espèces a également été observé chez les patients cancéreux comparés à des patients sains.

L’étude des bactéries a permis d’en identifier plusieurs comme potentielles contributrices au développement du cancer colorectal. Streptococcus gallolyticus, dont l’ADN a été retrouvé dans 20-50% des tissus cancéreux, pourrait participer à la croissance tumorale chez certains individus. Mais elle pourrait également être une bactérie opportuniste qui ne contribue pas à son développement mais croît aisément dans l’environnement tumoral. Escherichia coli se retrouve en abondance plus élevée dans des tissus tumoraux et pourrait contribuer à la carcinogenèse du côlon. Fusobacterium nucleatum pourrait également participer à l’initiation de la maladie par sa modulation de l’inflammation.

Toutefois, plus qu’une bactérie individuelle responsable, il paraît plus probable que la communauté bactérienne entière ainsi que les composés qu’elle produit jouent un rôle dans la carcinogenèse (processus de formation du cancer).

Les graisses et les acides biliaires

Les régimes riches en graisses sont associés avec une plus forte incidence de cancer colorectal. Les régimes riches en graisses saturées (provenant principalement des produits animaux) augmentent la production d’acides biliaires. Or, les bactéries du microbiote intestinal participent au métabolisme des acides biliaires et pourraient donc contribuer au lien entre cancer et graisses saturées. En réponse à l’ingestion de graisses saturées, le foie produit des acides biliaires qu’on dit « conjugués ». Ils sont transformés (ou déconjugués) par les bactéries intestinales en acides biliaires secondaires : les acides lithocholique et désoxycholique. Or, ces deux composés sont élevés chez des patients souffrant de cancer du côlon et ils promeuvent l’inflammation.

De plus, la bactérie Bilophila wadsworthia est retrouvée en plus grande quantité chez les mangeurs de produits animaux (viande et produits laitiers). Elle est pro-inflammatoire et peut être détectée par l’analyse du microbiote intestinal Nahibu. Contrôler les taux de cette bactérie pourrait permettre de réduire l’inflammation du côlon qui joue un rôle dans les MICI (Maladies inflammatoires chroniques de l’intestin) et le cancer.

Toutefois, le métabolisme des acides biliaires par les micro-organismes pourrait également avoir des effets positifs. L’acide ursodésoxycholique semble avoir des effets bénéfiques chez l’Homme et l’animal. Il est même approuvé comme thérapie pour la cirrhose biliaire primaire. Certaines bactéries intestinales, notamment des souches de Clostridium, Ruminococcus, ou Eubacterium peuvent le produire à partir de l’acide chénodésoxycholique.

Les fibres et les acides gras à chaîne courte

Les bactéries intestinales peuvent produire des acides gras à chaîne courte (AGCC),  à partir des fibres végétales que nous ingérons. Ces fibres, non digérées par notre organisme, sont fermentées par notre flore intestinale. Elles sont présentes dans les fruits, légumes, légumineuses et les céréales complètes. Les AGCC produits ont un effet anti-inflammatoire et pourraient donc avoir un effet protecteur contre le cancer.

Les protéines

En revanche, un régime alimentaire riche en protéines peut conduire à la production de composés néfastes par le microbiote, comme les polyamines. Des taux élevés de ces molécules sont retrouvés dans certaines maladies, dont le cancer. Le stress oxydant qui résulte de la dégradation des polyamines serait à l’origine de sa toxicité. De plus, certaines bactéries pathogènes utilisent les polyamines pour augmenter leur virulence. 

Même si l’implication d’un régime riche en protéines sur le cancer du côlon reste sujette à débats, il vaut mieux éviter de consommer trop de protéines animales. En revanche, les fibres alimentaires contenues dans les fruits, légumes et légumineuses peuvent limiter la fermentation des protéines dans le côlon et auraient donc un effet protecteur.

L’alcool

Le produit de la dégradation de l’alcool, l’acétaldéhyde, est carcinogène et hautement toxique. Les bactéries du microbiote buccal auraient la capacité de former ce composé à partir de l’alcool, et il se pourrait que celles du microbiote intestinal aient cette même propriété. Il faut donc réduire sa consommation de boissons alcoolisées pour limiter la formation de ce composé fortement toxique.

Cancer colorectal et le microbiote - Nahibu

Que manger pour se protéger du cancer du côlon ?

Des recommandations peuvent être émises pour diminuer le risque de développer cette maladie. La nutrition joue un rôle protecteur important. Il faut limiter sa consommation de protéines, surtout animales (voir notre Top des alternatives à la viande). En revanche le poisson gras (thon, sardine, saumon, hareng…), grâce aux omega-3 qu’il contient, possèderait des propriétés anti-inflammatoires. Pourquoi ne pas introduire quelques repas végétariens dans vos menus de la semaine et privilégier le poisson à la viande ? Il est également bon de diminuer sa consommation de graisses comme le beurre, la crème, les produits transformés ou les plats en sauce. Privilégiez les bonnes graisses comme l’huile d’olive, l’huile de colza et l’huile de lin.

Il est primordial de limiter sa consommation d’alcool, voire de l’arrêter.

En revanche, la consommation de légumes, fruits, légumineuses et céréales complètes est à favoriser. Les fibres qu’ils contiennent ont un rôle protecteur et contribuent à la diversité du microbiome. Remplacez les farines raffinées par des farines complètes (pain complet, riz complet…). Mangez des légumes variés et de saison ; une assiette équilibrée doit contenir pour moitié de légumes (en savoir plus avec notre article sur l’alimentation saine et équilibrée). N’oubliez pas d’ajouter des herbes aromatiques telles que le thym, l’origan ou le basilic, pour enrichir vos plats en fibres, vitamines et minéraux.

Enfin, il est important de garder un poids sain. L’activité physique joue un rôle bénéfique sur la gestion du poids et exerce également un rôle protecteur contre le cancer. Il est donc nécessaire de l’intégrer à son quotidien : marche, vélo, natation, pilates, danse, musculation, sports collectifs… il existe une multitude de possibilités pour joindre l’utile à l’agréable !

 

Comment diagnostiquer le cancer colorectal ?

Comme mentionné ci-dessus, les patients souffrant de MICI sont plus sujets à développer un cancer du côlon. Ils doivent donc avoir un suivi régulier avec un gastro-entérologue et un dépistage adapté.

Les personnes ayant des parents souffrants ou ayant souffert d’un cancer du côlon doivent suivre un dépistage précoce. Parlez-en à votre médecin car il est primordial de ne pas omettre ces examens : détectée tôt, cette maladie a plus de chance de guérison grâce à un traitement adapté.

Gratuit pour toutes les personnes entre 50 et 74 ans à partir d’un simple prélèvement de selles, le dépistage permet de détecter un cancer débutant. Parlez-en à votre médecin traitant et ne négligez pas ce test qui permet de détecter de manière précoce, de démarrer un traitement rapidement, et donc d’augmenter les chances de survie.

Sources :

Microbes, Microbiota, and Colon Cancer. Cynthia L. Sears and Wendy S. Garrett. Cell Host & Microbe, 12 March 12, 2014.

The gut microbiota, bacterial metabolites and colorectal cancer. Petra Louis, Georgina L. Hold and Harry J. Flint. Nature Reviews Microbiology, 8 September 2014.

Microbiota: a key orchestrator of cancer therapy. Soumen Roy and Giorgio Trinchieri. Nature Reviews Cancer, 17 Mar 2017.

Global trends in colorectal cancer mortality: projections to the year 2035. Marzieh Araghi, Isabelle Soerjomataram, Mark Jenkins, James Brierley, Eva Morris, Freddie Bray and Melina Arnold. International Journal of Cancer: 144, 2992–3000, 2019.

Ameli.fr

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Le microbiote peut-il aider à gérer le stress et l’anxiété ?

Le microbiote peut-il aider à gérer le stress et l’anxiété ?

Le microbiote peut-il aider à gérer son stress et son anxiété ?

Dans cet article vous allez découvrir ce qu’est le stress, ce qu’il produit sur votre corps et comment le gérer au mieux. Nahibu, en tant que spécialiste du microbiote intestinal, a décidé d’intégrer à son analyse du microbiote un module sur la participation des bactéries intestinales à la résistance au stress et à l’anxiété. Vous allez donc découvrir comment des bactéries se trouvant dans votre intestin peuvent réguler votre cerveau !

La flore intestinale joue un rôle sur le stress et l'anxiété.

Qu’est-ce que le stress ?

De nos jours, rares sont les personnes qui peuvent clamer qu’elles ne sont pas stressées. Nos sociétés actuelles imposent souvent un idéal de réussite sociale, professionnelle et familiale qui peut causer beaucoup de pression. Jongler entre ses différentes activités, sa vie professionnelle et trouver du temps pour soi peut s’avérer difficile. Beaucoup de personnes se disent « stressées ». Qu’est-ce que cela veut dire exactement ?

Le stress est un phénomène complexe qui provoque des réponses émotionnelles, biologiques ou physiques. La réponse au stress est différente pour chaque personne selon la génétique, l’environnement et l’alimentation.

Le stress serait ainsi composé d’un élément déclencheur (le stresseur), d’une réaction compensatoire et de l’établissement d’un nouvel équilibre.

Il existe le stress aigu, qui ne dure pas, et le stress chronique, qui s’étend sur la durée et qui peut être délétère.

L’anxiété, quant à elle, est la tendance à anticiper ou ressasser les difficultés, et donc à les amplifier. Elle est ainsi génératrice de stress.

L’angoisse représente une expérience psychologique ponctuelle mais intense, faite d’un sentiment de perte de contrôle et d’imminence d’un danger grave. L’angoisse se manifeste par plusieurs symptômes dont un sentiment d’oppression, une gêne respiratoire et une accélération cardiaque. Elle est liée à l’anxiété, qui est un état plus chronique et moins déstabilisant. L’angoisse et l’anxiété sont deux conditions qui causent du stress.

 

Quels sont les facteurs déclenchants et les symptômes du stress ?

Les facteurs responsables du stress, ou stresseurs, peuvent être internes ou externes, réels ou imaginaires, comme une personne désagréable dans son entourage, une maladie ou encore une panne de voiture. Les stresseurs déclenchent une réponse physiologique « mode de crise » dans le corps ayant pour but de s’adapter et de retrouver un équilibre.

Les symptômes du stress peuvent être très divers et comprennent de la fatigue, des troubles du sommeil, une perte d’appétit ou une surconsommation alimentaire, des manifestations cutanées comme de l’eczéma, une irritabilité, une baisse de la libido, des palpitations cardiaques ou encore des tensions musculaires.

Les symptômes d’une crise d’angoisse, qui est une forme courte et très intense d’anxiété sont des palpitations cardiaques, des sueurs, des douleurs thoraciques, des tremblements, une sensation d’étouffement, des vertiges, des nausées et maux de ventre. Ils sont accompagnés de symptômes psychologiques comme la sensation de devenir fou ou de mort imminente. Ces symptômes sont très impressionnants et nourrissent eux-mêmes la crise de panique ou d’angoisse.

L’anxiété est un état d’angoisse d’une intensité moindre et durable. On peut retrouver quelques symptômes de la crise d’angoisse mais d’une intensité moindre comme des nausées ou maux de ventre et des palpitations.

 

Quelle est l’importance du stress ?

Le nombre de personnes touchées par le stress et l’anxiété ne cesse de croître, principalement dû à nos modes de vie et modèles sociaux-économiques. De plus, la crise sanitaire déclenchée par l’émergence du virus SARS-CoV-2 fin 2019 a participé à une hausse de ces troubles dans le monde entier. Il a en effet modifié nos habitudes, conduit à l’isolement d’une grande partie de la population, remis en cause de nombreuses certitudes et augmenté les taux de mortalité dans de nombreux pays.

La prévalence des troubles anxieux était estimée à 21,6% en 2010. Les femmes, les jeunes et les personnes à faible revenu étaient les personnes les plus à risque. Les épisodes dépressifs, l’abus d’alcool et la dépendance à la drogue sont souvent associés aux troubles anxieux.

Le stress, lui, est ressenti par 22% des travailleurs européens d’après une étude de 2012.

La crise sanitaire du Covid-19 a causé une hausse dramatique des niveaux de stress et d’anxiété : la prévalence du stress est actuellement estimée à 29,6% et celle de l’anxiété est de 31,9%. 

Le microbiote intestinal joue un rôle sur la gestion du stress et l'anxiété.

Que se passe-t-il dans le corps sous les effets du stress ?

La réponse au stress représente les changements qui se mettent en place dans le corps tels que des altérations du comportement ou la sécrétion d’hormones spécifiques. Le stress a des effets négatifs s’il est sévère ou qu’il perdure, c’est-à-dire qu’il devient chronique.

Le stress aigu survient quand le corps est soumis à une menace comme un accident, une maladie, ou une situation psychologique éprouvante qui ne s’étend pas sur la durée. Des réactions sont alors mises en place pour pouvoir soit combattre, soit fuir (« fight or flight »). Ceci est un héritage de nos ancêtres il y a des millions d’années. Face à un animal dangereux tel un lion, la menace était perçue par l’organisme qui s’adaptait pour augmenter les chances de survie : fuir l’animal ou le combattre. De nos jours, il est rare de croiser un animal sauvage, mais ce mécanisme de réponse à une menace est encore présent. Ainsi, les changements physiologiques associés à la réponse au stress sont :

  • La mobilisation d’énergie pour permettre de maintenir les fonctions cérébrales et musculaires
  • La concentration de l’attention sur la menace perçue
  • La hausse de l’utilisation du glucose
  • L’augmentation du débit sanguin et de la respiration, redistribution du flux sanguin, augmentation de la fourniture d’énergie aux muscles et au cerveau
  • Modulation de l’immunité
  • Inhibition de la physiologie reproductive et du comportement sexuel
  • Baisse de la faim et de la prise de nourriture

Le cerveau qui perçoit la menace signale aux glandes surrénales (situées au-dessus des reins) de fournir de l’adrénaline en quantité suffisante. Celle-ci permet d’augmenter l’afflux de sang et d’oxygène pour permettre aux muscles d’entrer en action de manière optimale et d’augmenter la vigilance du cerveau.

Si le stress aigu perdure, du cortisol, également appelé « hormone du stress », est alors produit par les glandes surrénales pour augmenter le taux de glucose dans le sang qui fournit de l’énergie au cerveau et aux muscles.

Lors d’un stress chronique, le cortisol est produit de manière continue. Ceci peut avoir des effets négatifs sur le corps car cet état entraine une fatigue excessive, une moins bonne immunité, un sommeil perturbé, des problèmes métaboliques et des changements alimentaires qui peuvent causer une perte ou une prise de poids. Le stress chronique épuise ainsi les réserves en énergie et modifie la production de neurotransmetteurs. Les neurotransmetteurs sont des molécules qui envoient des signaux aux neurones comme la sérotonine, qui régule de nombreux processus mentaux et comportementaux, et la mélatonine (surnommée « hormone du sommeil »).

 

Quelle est la différence entre le stress, l’anxiété, l’angoisse et la peur ?

La peur, l’anxiété, et l’angoisse ou panique sont des manifestations psychologiques différentes mais liées. La peur peut causer de l’anxiété, l’angoisse est une forme très intense d’anxiété et cette dernière peut causer du stress.

La peur est une répulsion disproportionnée face à quelque chose qui se caractérise notamment par une tension, des tremblements, ou des sueurs.

L’anxiété est une propension à anticiper ou ressasser des choses négatives, ce qui peut générer du stress.

La crise d’angoisse ou crise de panique est une expérience intense étroitement liée à l’anxiété avec des manifestations très impressionnantes comme une sensation de perdre le contrôle.

 

Existe-t-il un traitement contre le stress ?

Il n’existe pas de traitement miracle pour lutter contre le stress et l’anxiété, mais certaines techniques de sophrologie ou de méditation peuvent aider à accepter les émotions et gérer la façon dont on y réagit.

Découvrez comment la méditation peut vous aider à faire retomber la pression. 

La pratique du sport ainsi qu’une alimentation équilibrée peuvent également participer à soutenir votre organisme. Une étude a également montré que l’écoute d’une musique relaxante permettait de faire redescendre les taux de cortisol salivaire plus rapidement après un stress aigu.

 

Comment l’intestin et le microbiote régulent-ils notre stress ?

Au sein du système nerveux entérique, on trouve une à plusieurs centaines de milliers de neurones qui participent à l’axe intestin-cerveau. Cet axe de communication permet un dialogue permanent et bidirectionnel entre les deux organes. Une des manifestations les plus concrètes de l’existence de l’axe intestin-cerveau est l’altération du transit (diarrhée ou constipation) provoquée par un évènement stressant comme une prise de parole en public ou un examen.

L’axe intestin-cerveau est régulé par le microbiote intestinal, l’ensemble des micro-organismes vivant dans la partie basse de notre tube digestif. Certains microbes tels que les bactéries intestinales produisent des signaux qui modulent les messages envoyés au cerveau, les neurotransmetteurs. La sérotonine par exemple, aussi appelée « hormone du bonheur » est produite en grande partie par le microbiote intestinal. Outre notre humeur et notre comportement, elle régule également la barrière intestinale. Sa production à partir de l’acide aminé tryptophane est altérée en cas de stress soutenu.

Enfin, le stress peut également endommager la barrière intestinale qui protège notre organisme du passage de résidus bactériens ou alimentaires dans nos cellules. Si cette barrière est altérée, une inflammation à bas bruit peut se mettre en place dans l’intestin.

Tout ceci tend à démontrer qu’il existe un lien important entre microbiote, barrière intestinale et stress et anxiété.

Le microbiote joue un rôle sur le stress et l'anxiété.

Comment mesurer l’impact de son microbiote intestinal sur le stress et anxiété ?

Des études ont démontré que le microbiote intestinal régule la réponse au stress et les niveaux d’anxiété. Des premières observations ont également conclu que la prise de certaines probiotiques constitués de Lactobacillus et Bifidobacteria permettait de réduire le stress et l’anxiété. Toutefois, beaucoup d’allégations sur l’effet des probiotiques sur notre mental manquent encore de preuves cliniques.

Comment savoir si votre microbiote peut potentiellement vous aider à résister au stress et à l’anxiété ? Faites le test et découvrez-le dans vos résultats Nahibu !

Quels aliments favoriser pour lutter contre le stress et l’anxiété ?

Que manger pour gérer son stress ? On peut augmenter la concentration de sérotonine grâce à un régime riche en sucres complexes (céréales complètes et produits végétaux) et pauvre en protéines. Le tryptophane, à partir duquel la sérotonine est formée, se trouve dans les céréales complètes, mais aussi le chocolat.

Les omega-3 sont des graisses bénéfiques pour le cerveau et associées à un risque de dépression réduit. On les trouve dans les poissons gras, les oléagineux comme les noix, noisettes, amandes ou noix de cajou, et les huiles de colza, de lin et de noix. N’hésitez pas à remplacer la viande par du poisson et à favoriser les bonnes huiles pour assaisonner vos salades.

Les produits végétaux comme les fruits, légumes et légumineuses contiennent des vitamines qui permettent un bon fonctionnement de l’organisme et participent à une bonne résistance au stress.

Le stress causerait une diminution du taux de magnésium qui lui-même, aggraverait ses effets. Une alimentation riche en magnésium pourrait donc permettre de lutter contre le stress et l’anxiété. N’hésitez donc pas à consommer du chocolat noir pur beurre de cacao en quantité raisonnable, des oléagineux, mais aussi des fruits de mer pour optimiser vos apports en magnésium. Vous pouvez découvrir plus d’aliments pour améliorer votre résistance au stress et à l’anxiété grâce à l’algorithme de nutrition personnalisée Shido.

 

Comment gérer son stress ?

Une bonne hygiène de vie (heures de coucher régulières, peu ou pas d’alcool et une activité physique quotidienne) ainsi qu’une alimentation équilibrée peuvent participer à réduire les niveaux de stress et d’anxiété. De plus, certains aliments seront vos meilleurs alliés comme les produits végétaux, les poissons gras (saumon, hareng, thon, maquereau…), les oléagineux et le chocolat noir. Pourquoi ne pas remplacer les produits sucrés comme les biscuits ou autres crèmes dessert par une poignée d’amande ou de noix et un carré de chocolat noir ?

Face aux émotions difficiles, pourquoi ne pas essayer la méditation de pleine conscience ou des techniques de sophrologie, très efficaces pour faire redescendre la pression ? Elles vous apprendront également à ne pas combattre mais à accepter le stress pour mieux le gérer. Octroyez-vous du temps pour vous et profitez du moment présent, seul ou avec vos proches. N’ayez pas honte de discuter de votre stress et de votre anxiété avec votre entourage et faites-vous suivre par un professionnel si nécessaire.

Enfin, testez votre microbiote intestinal avec Nahibu pour découvrir la participation potentielle de votre flore intestinale à la gestion du stress et de l’anxiété, et découvrez des conseils alimentaires personnalisés pour l’améliorer ! 

Sources : 

Prevalence, characteristics and comorbidities of anxiety disorders in France: Results from the ‘‘Mental Health in General Population’’ Survey (MHGP). E. Leray, A. Camara, D. Drapier, F. Riou, N. Bougeant, A. Pelissolo, K.R. Lloyd, V. Bellamy, J.L. Roelandt, B. Millet. European Psychiatry, 2011.

https://osha.europa.eu/en/publications/management-occupational-safety-and-health-analysis-findings-european-survey-enterprises/view

Prevalence of stress, anxiety, depression among the general population during the COVID-19 pandemic: a systematic review and meta-analysis. Nader Salari, Amin Hosseinian-Far, Rostam Jalali, Aliakbar Vaisi-Raygani, Shna Rasoulpoor, Masoud Mohammadi, Shabnam Rasoulpoor and Behnam Khaledi-Paveh. Globalization and Health, 2020.

Effects of relaxing music on salivary cortisol level after psychological stress. Stéphanie Khalfa, Simone Dalla Bella, Mathieur Roy, Isabelle Peretz, Sonia J. Lupien. Ann. New York Academy of Sciences, 2003.

Breaking down the barriers: the gut microbiome, intestinal permeability and stress-related psychiatric disorders. John R. Kelly, Paul J. Kennedy, John F. Cryan, Timothy G. Dinan, Gerard Clarke, and Niall P. Hyland. Frontiers in Cellular Neuroscience, 2015.

Gut/brain axis and the microbiota. Emeran A. Mayer, Kirsten Tillisch, and Arpana Gupta. The Journal of Clinical Investigation, 2015.

Nutrient and Stress Management, Karuna Singh. The Journal of Nutrition and Food Sciences, 2016.

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Quelle est la meilleure analyse pour le microbiote intestinal ?

Quelle est la meilleure analyse pour le microbiote intestinal ?

Quelle est la meilleure analyse du microbiote intestinal ?  

L’étude du microbiote intestinal Nahibu se fait par métagénomique. C’est une technique de séquençage de l’ADN issu d’échantillons complexes comme des prélèvements de sols, d’air ou de selles. En métagénomique, les organismes (les bactéries dans le cadre de l’analyse du microbiote Nahibu) sont étudiés dans leur environnement, sans passer par une étape de mise en culture, comme en microbiologie classique.

C’est le développement de cette technique qui a permis de découvrir de nombreuses bactéries incultivables en laboratoire, et donc d’approfondir notre connaissance du microbiote intestinal. Pour en savoir plus sur le microbiote, cet organe encore méconnu, cliquez ici.

Quelles sont les méthodes d’études du microbiote ?

Il existe deux grandes méthodes d’étude du microbiote intestinal : la métagénomique shotgun et le séquençage de l’ARN 16S. Pourquoi ne pas simplement cultiver les bactéries comme dans un laboratoire de microbiologie traditionnel et observer ce qui pousse pour étudier notre flore intestinale ? De nombreuses bactéries de l’intestin ne peuvent pas vivre dans notre environnement, elles sont habituées à croître sans oxygène. De plus, nous possédons environ 100 000 milliards de bactéries dans notre organisme, imaginez la surface nécessaire pour cultiver toutes ces bactéries ! Il y a aussi des centaines d’espèces de bactéries qui nécessitent chacune des conditions bien particulières. C’est pour cela que pour étudier les bactéries du microbiote intestinal, on analyse leur ADN pour ensuite pouvoir identifier à quelle bactérie il appartient, et donc lister, après analyse de tout l’ADN d’un échantillon, la liste des bactéries présentes.

Les tests fécaux ciblés ou respiratoires n’étudient pas le microbiote dans sa globalité

D’autres techniques mesurent uniquement certains paramètres dans les selles mais ne séquencent pas les gènes du microbiote. Ce sont des techniques qui vont évaluer certains marqueurs spécifiques comme la calprotectine, ou d’autres composés présents dans les fèces. Ils peuvent également cibler certaines bactéries spécifiques qui sont mises en culture dans des laboratoires de microbiologie pour en détecter la présence. Ceci ne nécessite pas une étape de séquençage et ne permet pas de comprendre la composition totale de la flore intestinale car ils étudient uniquement des marqueurs ou bactéries particulières et non pas cet organe dans sa globalité.

Il existe également des tests respiratoires qui permettent de mesurer l’expiration d’un ou plusieurs gaz avant et après ingestion d’une collation sucrée. Le but est d’évaluer la production de gaz par l’organisme toutefois, ils ne permettent pas d’étudier la composition bactérienne du microbiote intestinal car les bactéries intestinales sont présentes dans l’estomac et l’intestin et non pas dans les gaz expirés.

Malgré les dénominations « test du microbiote » de certains tests fécaux ciblés ou tests respiratoires, ils ne permettent pas une analyse complète de la composition du microbiote intestinal, composé de centaines d’espèces de bactéries différentes. Seule la métagénomique fournit une description complète et précise de la composition bactérienne de notre flore.

 

Qu’est-ce que l’ARN 16S ?

Le séquençage de l’ARN 16S étudie un gène présent chez toutes les bactéries, celui de l’ARN 16S. Ce gène est différent selon les genres bactériens ; cette technique permet donc d’identifier la composition bactérienne d’un échantillon en décrivant principalement les genres qui le composent.

 

Qu’est-ce que la métagénomique ?

La métagénomique ou génomique environnementale est une méthode d’étude globale du contenu génétique d’un échantillon dans un environnement complexe, comme celui de l’intestin. Elle permet d’analyser tous les gènes présents dans l’échantillon.

Pourquoi choisir une analyse en métagénomique shotgun ?

La métagénomique shotgun, technique choisie par Nahibu, permet d’étudier l’ADN de toutes les bactéries présentes dans l’échantillon, sans biais. Cliquez ici pour connaître les étapes de l’analyse Nahibu.
Ainsi, lors de la remise des résultats, les utilisateurs obtiennent des indicateurs-clés tels que la diversité ou l’état d’équilibre du microbiote intestinal, une cartographie complète et précise, ainsi que le potentiel fonctionnel du microbiote. Le potentiel fonctionnel explique le rôle que les bactéries détectées ont sur notre corps. Toutefois, on parle de potentiel car la métagénomique analyse l’ADN des bactéries, or tout l’ADN ne « s’exprime » pas constamment, une partie reste silencieuse et ne sera donc pas active.

La métagénomique ciblée sur l’ARN 16S n’est pas de la métagénomique stricto senso, mais de la métagénétique car elle n’analyse pas l’ensemble des gènes de l’échantillon mais seulement une partie. En effet, elle cible uniquement le gène de l’ARN 16S des bactéries.

metagenomique shotgun 16S Nahibu

Une description plus précise des bactéries

Un des avantages de la métagénomique shotgun est qu’elle décrit de manière bien plus précise les bactéries présentes dans un échantillon.
La taxonomie est la pratique de la classification des organismes. C’est elle qui permet de nommer et classer les bactéries. La métagénomique shotgun a une meilleure résolution taxonomique, c’est-à-dire qu’elle définit les bactéries plus précisément que d’autres approches ; la métagénomique shotgun peut en effet caractériser les bactéries au niveau de l’espèce, voire de la souche, tandis que le 16S ne décrit qu’au niveau du genre, plus rarement de l’espèce.

Or, des souches de bactéries différentes ont des fonctions différentes, il est donc important de mesurer ces subtilités.

classification bacteries Nahibu

Le rôle potentiel du microbiote révélé par métagénomique shotgun

De plus, la métagénomique shotgun permet de décrire l’ensemble du métagénome et donc d’expliquer le fonctionnement global du microbiote. On peut ainsi extraire le potentiel fonctionnel du microbiote, ce qui est impossible avec une approche utilisant le 16S. Le potentiel fonctionnel est la façon dont le microbiote peut hypothétiquement agir sur notre métabolisme et les fonctions de notre organisme. On peut imaginer le potentiel fonctionnel comme le rôle de chaque personne au sein d’une maisonnée : ménage, réparation, cuisine, courses etc. Le potentiel fonctionnel permet de comprendre le rôle de chaque bactérie et sur quelle « tâche » le microbiote d’un individu va pouvoir être compétent ou pas.

Chez Nahibu, nous pensons que vous fournir une liste des bactéries détectées dans un échantillon n’est pas suffisant pour vous permettre de comprendre le rôle que joue votre microbiote, et d’identifier ses forces et faiblesses potentielles. Nous avons pris le parti qu’une analyse du microbiote s’inscrit dans une démarche de découverte et d’avancée vers le bien-être. C’est pour cette raison que nous analysons vos échantillons grâce à la métagénomique shotgun, une approche fiable, complète et non-biaisée, qui permet de révéler le potentiel fonctionnel de votre flore intestinale.

Les résultats du potentiel fonctionnel Nahibu sont présentés en catégories avec un score sur chaque fonction. Cela vous permet de visualiser de manière claire et précise sur quelle fonction votre microbiote a un fort ou faible potentiel.

Ensuite, comment agir et booster ces fonctions ? Des aliments ou compléments vous sont recommandés de manière personnalisée pour améliorer vos scores.

systeme immunitaire shido Nahibu

La métagénomique shotgun est une technique plus coûteuse que le 16S car elle est globale, ce qui génère des fichiers plus longs à analyser, mais également des résultats bien plus complets, une liste d’abondance des bactéries plus précise, et une explication du potentiel fonctionnel du microbiote, qui vous permet de comprendre son rôle sur votre organisme.

En conclusion, l’analyse Nahibu par métagénomique shotgun vous fournit une vue globale, précise, facilement compréhensible et non-biaisée de votre microbiote intestinal pour améliorer votre bien-être !

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La méditation comme solution pour réduire son stress et son anxiété ?

La méditation comme solution pour réduire son stress et son anxiété ?

La méditation comme solution pour réduire son stress et son anxiété ?

Notre mode de vie actuel nous expose tous au stress : on entend de plus en plus parler de charge mentale ou de burn-out. Jongler entre vie personnelle et vie professionnelle peut être un grand défi ! Un travail stressant avec de nombreuses réunions et responsabilités, une famille à gérer, la pratique du sport ou d’autres activités : comment faire pour être sur tous les fronts ? De plus, nous sommes constamment connectés : emails, téléphone, réseaux sociaux, chaînes d’informations en continu…  tous ces canaux nous envoient constamment des notifications. Dans ce contexte, comment trouver du temps pour « se poser » et profiter du moment présent ?

Comment gérer son stress ? 

Une étude publiée par Santé Publique France a révélé que la prévalence de l’anxiété en France était de 13,5% en 2017. Une étude précédente avait montré que les troubles de l’humeur (épisodes dépressifs, dysthymie, épisodes maniaques) concernaient environ 11 % des hommes et 16 % des femmes, et l’ensemble des troubles anxieux (anxiété généralisée, agoraphobie, phobie sociale, troubles panique et stress post-traumatique) concernaient 17 % des hommes et 25 % des femmes.

Récemment, le contexte sanitaire a fait grandir le sentiment d’angoisse dans le monde entier. La prévalence de l’anxiété est en effet passée à 26,7% lors de la première vague du Covid-19, soit un taux deux fois supérieur au taux de 2017. Il est urgent de trouver des solutions pour réduire ces chiffres qui donnent le vertige.

Alors, comment diminuer son stress et son anxiété ? La méditation serait-elle une solution à ces troubles ? Le nombre de retraites ou stages de quelques jours consacrés à la méditation a explosé ces dernières années, correspondant à une demande croissante.

Elle est également de plus en plus recommandée par le corps médical et démocratisée par les nombreux livres publiés à son sujet et les applications variées permettant de pratiquer avec l’aide de son téléphone portable.

Quelles sont les origines de la méditation ?

Personne ne sait réellement quand la méditation est née. Elle trouverait ses origines dans les sociétés asiatiques qui en ont structuré la pratique. Elle se serait développée dans les traditions Hindou puis dans la religion Bouddhiste en Inde, ainsi qu’en Chine Taoïste, plusieurs millénaires avant J.C. On trouve également des références à la pratique de la méditation dans d’autres cultures et dans des religions diverses comme le Judaïsme, l’Islam et le Christianisme.

En Occident, c’est tout d’abord la traduction de textes philosophiques provenant d’Orient qui a fait émerger le concept de méditation aux XVIIIème siècle. Elle n’était alors qu’un sujet de discussion pour les intellectuels tels que Voltaire et Schopenhauer.

Elle est restée relativement inconnue et très peu pratiquée jusqu’au XXème siècle où elle s’est démocratisée. En prenant ses distances avec la religion, la méditation s’est adaptée au mode de vie occidental. Dans les années 60 et 70, la méditation transcendantale a été pratiquée par de nombreuses célébrités dont les Beatles. Toutefois, elle restait principalement assimilée à la culture hippie et n’était pas répandue dans tous les milieux.

Dans les années 1990, des programmes de traitement de l’anxiété et de la dépression ont été développés autour de la méditation. Une approche psychologique combinant la méditation et la thérapie comportementale et cognitive a montré des effets probants sur ces troubles.

De nos jours, la méditation est une activité de relaxation relativement commune. Ce n’est pas surprenant quand on sait que sa pratique est associée à de nombreux effets positifs sur la santé mentale et physique.

bol méditation Nahibu

Quels en sont les différents types ?

De nombreuses formes de méditation existent à travers le monde. Selon l’endroit du globe, la religion, le mode de vie ou les préférences personnelles, la méditation peut être différente et adaptée à chaque pratiquant.

Méditation de pleine conscience

La plus répandue dans nos sociétés occidentales et le milieu médical est la pleine conscience, aussi appelée « mindfulness », qui consiste à se recentrer sur le présent. Dans le monde actuel, difficile de ne pas se projeter dans le futur, de ne pas anticiper ce qu’il pourrait se passer, ou à l’inverse de ne pas ruminer des souvenirs ou des regrets… La pleine conscience offre une possibilité de se connecter au moment présent, en oubliant le passé et le futur. Elle permet d’observer ce qu’il se passe en nous mais également autour de nous, sans y réagir, en l’acceptant simplement. Elle permet également de prendre conscience de certains schémas mentaux qui pourraient être néfastes, comme la tendance à ressasser ses échecs par exemple.

Méditation d’attention focalisée

Il existe également la méditation d’attention focalisée durant laquelle l’attention est concentrée sur un objet, une partie du corps, un mantra etc. Si l’esprit s’égare et des pensées surviennent, le but est de se recentrer sur l’objet de la méditation ; celui-ci sert alors d’ancrage à l’attention.

Il existe de nombreuses variantes de ces types de méditation et elles peuvent également se combiner. D’autres pratiques existent, bien sûr, mais elles sont moins répandues en Europe.

A quoi sert la méditation ?

La méditation, dans sa dimension spirituelle et traditionnelle permet d’accéder à un nouvel état de conscience, de s’éveiller. En Europe et aux Etats-Unis, la méditation s’est en grande partie affranchie de sa dimension spirituelle et les objectifs sont plutôt de réguler ses émotions, notamment le stress, de gagner confiance en soi ou de traverser une situation difficile. La pratique de la méditation s’est adaptée aux besoins des sociétés occidentales. Elle peut s’intégrer à une démarche visant un mieux-être et une atteinte du bonheur.

tisane méditation Nahibu

La méditation réduit le stress, l’anxiété et la dépression

Une méta-analyse de 45 études publiée en 2017 dans le Journal of Psychiatric Research a montré que les différentes formes de méditations étudiées réduisaient les marqueurs de stress (le cortisol, la CRP ou protéine C réactive, la pression sanguine, le rythme cardiaque, les taux de triglycérides et le TNF-alpha – un facteur pro-inflammatoire). L’effet sur la régulation du stress est donc bien réel.

Une étude menée au Royaume-Uni sur 238 salariés a mesuré les effets d’un programme de méditation de pleine conscience sur smartphone sur le stress lié au travail durant une période de huit semaines. Les participants ont noté leurs niveaux de bien-être et de détresse. Le programme de méditation proposait des séances de 10 à 20 minutes. Les résultats ont prouvé qu’écouter ces méditations plusieurs fois par semaine pendant deux mois améliorait le bien-être général, l’anxiété et le syndrome dépressif. Plus la méditation était écoutée souvent, plus les effets étaient importants. De plus, ces effets ont persisté même après l’arrêt de l’intervention.

Y-a-t-il un lien entre la méditation et notre intestin ?

L’intestin héberge de nombreux neurones qui forment le système nerveux entérique. Ce système nerveux régule les fonctions du tractus digestif. Le microbiote intestinal, composé des milliards de micro-organismes (bactéries, virus, champignons, levures etc.) qui peuplent notre intestin, produit des neurotransmetteurs lors de la fermentation de certains aliments. Les neurotransmetteurs sont des molécules qui transmettent des messages d’un neurone à l’autre. L’axe intestin-cerveau, aussi appelé axe intestin-microbiote-cerveau permet un dialogue constant entre ces deux, voire trois, organes. Sous l’effet du stress, qui n’a pas vu son transit s’accélérer, ou au contraire, se ralentir ? C’est la preuve que le cerveau et l’intestin échangent bien des informations !

Prenez soin de votre microbiote avec Nahibu.

L’existence de l’axe intestin-cerveau supposerait que la méditation, qui permet de réduire les sensations d’anxiété et de stress, pourrait influencer notre microbiote intestinal. Une étude publiée en décembre 2020 sur des sujets âgés présentant un déclin cognitif léger tend à confirmer cette hypothèse. Les personnes ont suivi un programme de pleine conscience pendant une période allant jusqu’à 9 mois. Les résultats ont montré que la pratique de la pleine conscience permettait d’améliorer leurs fonctions cognitives et qu’elle était également associée à un changement dans leur microbiote. La méditation aurait donc de nombreuses vertus et agirait globalement sur l’organisme. Elle régulerait non seulement les marqueurs de stress comme le cortisol mais aussi la composition du microbiote intestinal !

Comment méditer chez soi ? Les conseils pour débuter :

Où pratiquer ?

La méditation est de plus en plus accessible grâce à la publication de nombreux livres sur le sujet mais également d’applications pour mobiles et de gadgets permettant de la pratiquer facilement à tout moment.

Grâce aux applications mobiles, on peut pratiquer partout, même de manière très discrète avec ses écouteurs : chez soi, dans les transports en commun, dans la file d’attente au supermarché, au bureau lors de la pause déjeuner…

Si vous n’avez pas d’application, vous pouvez aussi pratiquer la pleine conscience en vous asseyant, en détendant votre corps et en vous concentrant sur votre respiration et sur les zones de contact de votre corps avec la chaise, le sol ou le lit. Si vous trouvez ça plus simple, concentrez-vous sur un objet.

Quand méditer ?

Il n’y a pas de bon ou de mauvais moment : méditation du matin ou du soir, c’est à vous de trouver le moment qui vous convient le mieux. L’idéal est de trouver un créneau pendant lequel vous pourrez méditer régulièrement.

Vous ne vous sentez pas stressé ? Vous pouvez quand même pratiquer, c’est même recommandé car votre corps et votre esprit seront entraînés lors d’un moment « calme » et la méditation pourra être encore plus efficace quand vous vous sentirez submergé. La pratique peut durer de 5 minutes à 30 minutes, voire plus si vous en avez le temps ; le tout est de pouvoir glisser une séance dans son emploi du temps. Le matin, elle peut vous aider à bien démarrer votre journée, le midi à faire une pause au milieu de l’agitation de votre journée, et le soir, à réguler votre sommeil et à mieux dormir.

Et si je n’y arrive pas ?

Une des clés de la méditation est d’observer et d’accepter les pensées, les sentiments, les sensations sans réagir. Il faut accueillir ce qui se passe en nous et autour de nous, sans juger. Il n’y a pas de mauvaise séance de méditation, chaque séance apporte quelque chose. Si vous sentez que votre esprit n’arrive pas à s’arrêter de penser, que vous n’arrivez pas à vous concentrez sur le moment présent, il suffit de l’observer et l’accepter.

Il ne faut pas se fixer d’objectif et se culpabiliser si on ne les atteint pas ; la pratique en elle-même suffit. Et si vous n’avez pas eu le temps de pratiquer, ou pas eu l’envie, ce n’est pas grave, ce n’est que partie remise !

Prêt à équilibrer ses chakras et à atteindre le bonheur ?

La méditation a enfin trouvé sa place en Occident, grâce aux nombreuses applications mobiles et livres qui l’ont rendue accessible à tous. Dans le domaine médical, elle est souvent utilisée en complément de thérapies et traitements pour la prise en charge de nombreux troubles tels que les attaques de panique, l’anxiété, la dépression, les troubles du sommeil, mais également les douleurs chroniques et les acouphènes.

Il est très rare dans nos vies mouvementées de pouvoir s’arrêter et observer, sans rien faire. La méditation, sous toutes ses formes, a de nombreuses vertus. La première d’entre elles ne serait-elle pas le fait de nous apprendre à profiter du moment présent ?

Sources :

https://positivepsychology.com/history-of-meditation/

https://www.santepubliquefrance.fr/docs/la-sante-mentale-des-francais-face-au-covid-19-prevalences-evolutions-et-determinants-de-l-anxiete-au-cours-des-deux-premieres-semaines-de-confi

Mindfulness mediates the physiological markers of stress: Systematic review and meta-analysis. Pascoe MC, Thompson DR, Jenkins ZM et Ski C. Journal of Psychiatric Research, 2017.

Mindfulness on-the-go: Effects of a mindfulness meditation app on work stress and well-being.

Sophie Bostock, Alexandra D. Crosswell, Aric A. Pratherb et Andrew Steptoe. J Occup Health Psychol., 2019.

Mental awareness improved mild cognitive impairment and modulated gut microbiome. Wei Wei Thwe Khine, Miao Lian Voong, Ted Kheng Siang Ng, Lei Feng, Grishma Avinash Rane, Alan Prem Kumar, Ee Heok Kua, Ratha Mahendran, Rathi Mahendran et Yuan-Kun Lee. Aging, 2020.

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Que sont les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ?

Que sont les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ?

Dans cet article vous allez apprendre à reconnaitre les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. Les MICI regroupent la rectocolite hémorragique et la maladie de Crohn. Vous allez découvrir les symptômes de ces troubles intestinaux chroniques, leurs causes potentielles et le rôle du microbiote dans leur développement.

Que sont les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ?

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) touchent 10 millions de personnes dans le monde, 3 millions en Europe, dont 250 000 en France. Chaque année 8 000 nouveaux cas sont diagnostiqués d’après l’Association François Aupetit (AFA) et cette tendance est à la hausse. Le pic de diagnostic se situe entre 15 et 35 ans. Les MICI sont particulièrement présentes dans les pays occidentaux et en Europe du Nord.

Le terme MICI regroupe la maladie de Crohn (MC) et la rectocolite hémorragique (RCH), aussi appelée colite ulcéreuse. Toutes deux sont caractérisées par une inflammation de la paroi d’une partie du tube digestif, due à une hyper activation du système immunitaire entérique. Elles sont donc considérées comme des maladies auto-immunes. Les facteurs génétiques, environnementaux et le déséquilibre de la flore intestinale font partie des causes identifiées engendrant le développement de ces maladies inflammatoires. Toutefois, l’origine exacte du développement de ces pathologies reste inconnue et aucun traitement curatif n’a encore été élaboré.

Maladie de Crohn et rectocolite hémorragique : quelles différences ?

Ces deux maladies touchent autant les hommes que les femmes avec un âge d’apparition plus commun dans la deuxième et quatrième décennie de vie. La MC peut affecter toutes les parties du tube digestif, de la bouche à l’anus tandis que la RCH peut toucher le rectum et le côlon (entièrement ou en partie), mais n’affecte jamais l’anus ou l’intestin grêle. Ces deux maladies évoluent par poussées : des phases de symptômes plus ou moins sévères alternent avec des phases de rémission sans symptômes.

personne allongée mal de ventre maladie inflammatoire chronique intestin Nahibu

Quels sont les symptômes des MICI ? 

Les symptômes de ces maladies sont variés et invalidants : douleurs au ventre souvent sévères, envie d’aller aux toilettes jusqu’à quinze fois par jour, de manière impérieuse et sans possibilité de se retenir. Les patients peuvent avoir des diarrhées, parfois avec du sang. Ces symptômes peuvent être accompagnés d’une fatigue extrême, un manque d’appétit, une perte de poids, etc. Des complications peuvent également affecter la région anale (fissures, fistules, abcès).

Les MICI peuvent être associées notamment à un rhumatisme articulaire touchant les articulations des membres (chevilles, genoux, poignets…) ou le rachis (spondylarthrite), des aphtes buccaux, des érythèmes noueux (boursoufflures de la taille d’une noix, dures, rouges et douloureuses, sur les jambes et les avant-bras), une uvéite (inflammation de la partie centrale des yeux) ou une inflammation des voies biliaires.

Les symptômes, notamment douleurs et diarrhées, compliquent la vie des patients : les réunions de travail, les sorties, l’utilisation des transports en commun, les cours et toute autre activité sociale deviennent difficiles à suivre. Ceci peut affecter l’équilibre psychologique des patients et engendrer un repli sur soi et un sentiment de solitude.

Comment diagnostiquer les MICI ? 

Les personnes présentant les symptômes des MICI doivent consulter un médecin qui étudiera les antécédents médicaux, l’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens et d’antibiotiques, et pratiquera un examen. Il faut éliminer les causes infectieuses, par exemple lors d’un voyage à l’étranger. Suite à une consultation avec un gastro-entérologue, une coloscopie, un examen visuel du côlon par l’intermédiaire d’une sonde, montrant des altérations des villosités de l’intestin peut confirmer le diagnostic. Contrairement au syndrome du côlon irritable, la structure de l’intestin est endommagée chez les patients MICI. La coloscopie permet également de confirmer l’étendue des altérations.

Un bilan sanguin peut révéler une anémie et une thrombocytose (hausse du nombre de plaquettes circulantes), communes dans les cas de MICI. Une hypoalbuminémie et des carences en vitamines peuvent indiquer une malnutrition associée.

alimentation déséquilibrée Nahibu

Quelles sont les causes des MICI ? 

Les causes de ces maladies ne sont pas totalement identifiées. Des facteurs génétiques et environnementaux participent au processus d’inflammation. Même si ce ne sont pas des maladies héréditaires, les personnes ayant un parent, frère, sœur ou enfant souffrant de MICI a cinq fois plus de risque de développer cette maladie à son tour. Plus de 200 mutations génétiques sont liées au développement de ces pathologies.

Les facteurs environnementaux, notamment l’alimentation, semblent jouer un rôle important dans le développement des MICI. En effet un régime riche en graisses saturées et viande transformée est associé à un risque plus élevé tandis qu’un régime riche en fibres diminue le risque d’apparition des MICI. Les médicaments perturbant le microbiote intestinal (antibiotiques, statines etc.) peuvent aussi augmenter le risque de développer ces pathologies. La réponse immunitaire de l’hôte est impliquée dans le développement des MICI, ainsi que des perturbations de la barrière intestinale. Deux hypothèses principales pourraient expliquer, en partie du moins, l’apparition des MICI.

L’hypothèse hygiéniste 

Dans nos sociétés occidentales modernes, les enfants sont de moins en moins exposés aux microbes présents dans l’environnement. Ceci est dû à l’utilisation extensive de produits ménagers désinfectants et un mode de vie majoritairement urbain. Cette exposition insuffisante à divers microbes durant l’enfance pourrait empêcher le développement optimal des défenses immunitaires et du microbiote. En effet, un enfant exposé à des agents infectieux va renforcer son système immunitaire et disposera, à l’âge adulte, d’une meilleure réponse immunologique vis-à-vis de nouveaux antigènes. La théorie hygiéniste propose que la recrudescence des troubles immunologiques chez l’adulte, soit en partie causée par un manque d’exposition dans l’enfance à une grande variété de micro-organismes. Les MICI étant des maladies immunitaires, l’environnement aseptisé dans lequel nous vivons pourrait être lié à leur développement.

Alimentation et MICI 

Une alimentation pauvre en fibres réduit la production d’acides gras à courte chaîne (AGCC) et la présence de bactéries productrices d’AGCC. Or, les AGCC, principalement le butyrate, pourraient jouer un rôle-clé dans les MICI car ils modulent la réponse immunitaire. Les bactéries produisant les AGCC sont en quantité moindre chez les patients MICI et des taux plus faibles d’AGCC ont été retrouvés dans les selles d’enfants souffrant de MICI. Tout ceci semble indiquer qu’il y aurait un lien entre l’alimentation et le développement des MICI, par l’intermédiaire de l’action des AGCC.

Quels sont les aliments à éviter ? Les aliments transformés peuvent réduire la diversité du microbiote et affecter l’imperméabilité de la barrière intestinale, il est donc recommandé de les éviter pour préserver un bon équilibre intestinal. Il en est de même pour l’alcool, qui, consommé régulièrement diminue la biodiversité de vos intestins. Toutefois, on ne peut pas garantir qu’une alimentation pauvre en produits transformés ou en alcool préviendra l’apparition des MICI.

médicaments Nahibu

Quels sont les traitements pour les MICI ? 

Les traitements médicamenteux actuellement disponibles ne guérissent pas la maladie mais peuvent réduire l’intensité, la durée et la récurrence des poussées.

La chirurgie est parfois nécessaire pour certains patients. Vingt à trente pour cent des patients souffrant de rectocolite hémorragique ont recours à la chirurgie durant leur vie. Quant à la MC, la moitié des patients subissent une intervention chirurgicale dans les 10 ans suivant le diagnostic.

Les patients RCH ont un risque accru de développer un cancer du côlon, des coloscopies régulières sont donc nécessaires pour surveiller ce risque. La durée de vie des patients souffrant de RCH est similaire à celle d’individus sains depuis l’introduction des traitements aux corticostéroïdes. Les patients souffrant de MC ont un taux de mortalité légèrement plus élevé que la population saine (de 1,3 à 1,5 fois plus), dépendant de la surface affectée (intestin grêle, côlon ou les deux) et de la survenue de complications telles que le cancer colorectal, l’anémie et la malnutrition.

microbiote intestinal Nahibu

Quel est le rôle du microbiote dans les maladies immunes comme les MICI ?

La dysbiose, ou déséquilibre du microbiote intestinal, semble jouer un rôle dans les MICI. Une baisse de la diversité de la flore intestinale a été corrélée au développement de ces pathologies. On observe majoritairement une baisse de la population de Firmicutes et une augmentation des Proteobacteria et Bacteroidetes. Ceci peut diminuer la production d’AGCC et altérer la réponse immunitaire de l’hôte. On retrouve aussi une augmentation des bactéries qui se nourrissent de mucines, comme les Proteobacteries, ce qui affecte la barrière intestinale et la composition bactérienne globale.

La bactérie Faecalibacterium prausnitzii a un effet anti-inflammatoire grâce à sa production de butyrate à partir des aliments ingérés. Or, cette bactérie est en quantité plus faible chez les patients souffrant de la maladie de Crohn. Des taux réduits de cette bactérie ont également été observés chez les patients avec rectocolite hémorragique durant leur période de rémission, mais le retour à des taux normaux est associé avec la maintenance de la rémission.

La bactérie Escherichia coli adhérent et invasif (l’AIEC) est plus abondante chez les patients avec la MC. Elle adhère à la paroi intestinale et augmente la perméabilité de l’intestin, la composition du microbiote et induit une réponse inflammatoire.

Les bactéries dégradant le sulfate telles que les Desolfuvibrio sont plus nombreuses chez les patients MICI, ce qui augmente la production de sulfate d’hydrogène endommageant les cellules et induisant une inflammation intestinale.

Toutes ces données tendent à prouver un rôle de la composition du microbiote intestinal dans le développement des MICI.

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Les probiotiques peuvent-ils guérir les MICI ? 

Certains probiotiques se sont montrés efficaces dans les cas de RCH. E. coli Nissle 1917 par exemple a montré la même efficacité qu’un traitement médicamenteux à base de salicylate pour maintenir la phase de rémission. Quant au VSL#3, un mélange de quatre souches de Lactobacilles, il est celui qui a le plus d’effets bénéfiques chez les patients atteints de rectocolite hémorragique, induisant et maintenant une rémission chez des patients avec une forme légère à modérée. Une autre souche, Lactobacillus GG a montré une meilleure efficacité que le traitement avec la mesalazine pour maintenir la rémission. Pour la MC en revanche, les probiotiques n’ont pas prouvé d’efficacité.

Conclusion : vivre avec une MICI

Pour vivre sainement et prendre soin de votre intestin et de ses microbes, nous vous conseillons de consommer des fruits, légumes et légumineuses riches en fibres et de varier ces sources de fibres. Cela permettra d’optimiser votre production d’AGCC et de favoriser la colonisation du tube digestif par des bactéries produisant les AGCC. Des perturbations du microbiote sont présentes chez les patients atteints de MICI et la dysbiose, ou déséquilibre du microbiote, jouerait un rôle important dans les processus d’inflammation associés. Toutefois, d’autres facteurs participent au développement de ces maladies.

Si vous êtes atteint de MICI, vous devrez faire l’objet d’un suivi médical régulier pour contrôler l’évolution de vos symptômes. Les MICI sont des maladies de longue durée sans traitement curatif qui nécessitent une prise en charge globale et souvent pluridisciplinaire. Elles impactent fortement la qualité de vie et le médecin doit prendre tous les aspects de ces pathologies en considération pour accompagner les patients.

Comment améliorer votre qualité de vie si vous souffrez de MICI ? La consommation de tabac étant liée à la sévérité des symptômes, vous devez impérativement l’arrêter si vous êtes fumeur. De plus, le tabac a un effet délétère dans de nombreuses autres maladies telles que le cancer, les maladies cardio-vasculaires et respiratoires.

Le stress pouvant aggraver les symptômes, essayez de réduire votre stress à l’aide de techniques de relaxation telles que la méditation, la sophrologie ou le yoga. Cela vous permettrait peut-être de réduire vos douleurs.

Enfin, une activité physique adaptée à la sévérité de vos poussées peut aussi soulager vos symptômes et vous permettre d’améliorer votre bien-être général.

Que pouvez-vous manger si vous souffrez de MICI ? Référez-vous à votre gastro-entérologue qui pourra recommander un régime spécifique, notamment lors des poussées. Soyez également à l’écoute de votre corps. Si vous pensez qu’un aliment aggrave vos symptômes, évincez-le de votre alimentation pour voir si cela vous soulage.

Pour conclure, de plus en plus d’études pointent vers un rôle-clé du microbiote intestinal dans ces maladies et la modulation de la flore intestinale pourra certainement dans les années à venir offrir des possibilités de traitement, ne serait-ce que pour soulager les symptômes ou écourter les phases de poussées. Une dysbiose est retrouvée chez les patients MICI, mais également dans d’autres maladies. Analyser la composition de sa flore intestinale permet de détecter une dysbiose, ou déséquilibre bactérien, et de connaître les bactéries présentes dans son intestin. Si un déséquilibre, ou dysbiose, est présent, cela indique qu’il est temps de chouchouter ses microbes intestinaux grâce à une alimentation adaptée et un mode de vie plus sain pour améliorer son bien-être !

Sources :

Microbiote intestinal et développement des maladies inflammatoires chroniques de l’intestin Oumaira Rahmouni, Laurent Dubuquoy, Pierre Desreumaux, Christel Neut, 2016 : https://www.medecinesciences.org/en/articles/medsci/pdf/2016/11/medsci20163211p968.pdf

http://www.observatoire-crohn-rch.fr/les-mici-cest-quoi/

Ameli.fr

Gut microbiome structure and metabolic activity in inflammatory bowel disease. Eric A. Franzosa et al. 2019, Nature Microbiology.

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Microbiota-derived butyrate regulates intestinal inflammation: Focus on inflammatory bowel disease

Mafalda R. Couto, Pedro Gonçalves, Fernando Magro, Fatima Martel, 2020, Pharmacological Research.

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An Update on Inflammatory Bowel Disease. Tomoko Sairenji, Kimberly L. Collins et David V. Evans. 2017, Primary Care : Clinics in Office Practice.

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