Nahibu : les étapes pour analyser votre échantillon de selles

Nahibu : les étapes pour analyser votre échantillon de selles

Nahibu : les étapes d’analyse de votre échantillon de selles

Comment se passe le test de votre prélèvement ? Nahibu analyse les gènes des bactéries contenues dans votre échantillon de selles, ce qui nécessite plusieurs étapes successives réalisées par des techniciens hautement qualifiés et habitués à ce genre de manipulations. Quelles sont ces différentes étapes et pourquoi mes résultats ne sont-ils pas instantanément chargés sur la plateforme de résultats à réception de mon échantillon ?

Les étapes de l'analyse de votre microbiote intestinal.

1) Réception de votre échantillon de selles

À la réception de l’échantillon par Nahibu, un premier contrôle qualité de ce dernier est effectué.

 Il partira ensuite en séquençage dans notre laboratoire partenaire.

2) L’extraction d’ADN

Ensuite, l’ADN bactérien est extrait dans un laboratoire dédié à cette opération en suivant un protocole délicat. En effet, les manipulations sont effectuées avec un grand soin dans un espace dédié pour ne pas contaminer l’échantillon avec de l’ADN provenant de sources extérieures. Cette étape cruciale nécessite la plus grande précision car elle peut impacter les résultats.

Elle a pour but d’obtenir l’ADN bactérien le plus pur en quantité suffisante pour être séquencé. Le protocole est une succession d’étapes avec différentes solutions et des étapes de centrifugation. A l’issue de l’extraction, un contrôle qualité est à nouveau effectué pour être sûr qu’il y a assez d’ADN pour fournir des résultats fiables.

Etape d'analyse de votre microbiote - Nahibu

3) La préparation des librairies d’ADN

L’ADN ne peut pas être séquencé tel quel. Il est donc fragmenté et des librairies d’ADN sont préparées (une librairie pour chaque échantillon), ce qui dure plusieurs jours.

Cette étape a pour but d’obtenir des fragments de tailles homogènes avec des adaptateurs à leurs extrémités pour garantir une bonne analyse. A l’issue de la préparation des librairies, on procède à un contrôle qualité et à leur normalisation.

4) Le séquençage 

Puis vient le séquençage des fragments d’ADN. Cette étape utilise des machines high-tech, appelé séquenceurs, qui identifient les nucléotides présents sur les brins d’ADN.

Les nucléotides sont les éléments de base qui constituent l’ADN ou l’ARN. Ils sont de quatre types pour l’ADN : A, C, G ou T. Le séquençage et la préparation de librairies sont effectués par des personnes qualifiées et entraînées à ces manipulations. Les protocoles sont longs, complexes et il faut y être habitué pour les suivre correctement.

À l’issue du séquençage, on obtient alors des séquences d’ADN, c’est-à-dire l’enchaînement des différents nucléotides. Les nucléotides peuvent être comparés à des mots, dont l’enchaînement forme des phrases, les séquences. La signification des phrases peut s’apparenter aux gènes.

Etape d'analyse de votre échantillon de selle et du microbiote - Nahibu

5) L’interprétation des résultats

Une fois l’échantillon séquencé, on obtient des données sous forme brute : une suite de A, T, C ou G constituant des morceaux (on parle de lectures, ou reads) du métagénome du microbiote. Ces données sont sur des fichiers pouvant peser plusieurs Gigaoctets.

Une pré-analyse est réalisée afin, encore une fois, de contrôler la qualité du séquençage. Si le contrôle est validé, l’analyse se poursuit. Elle permet de donner du sens à ces fichiers de résultats par traitement bio-informatique, ou analyse de données. Cela consiste en une succession d’étapes qui prennent plusieurs jours pour finalement parvenir à la cartographie du microbiote et son interprétation sous forme fonctionnelle.

À partir des gènes identifiés, nous déterminons les espèces présentes dans votre microbiote ; c’est ce qu’on appelle l’analyse taxonomique. Pour cette étape, nous faisons appel à différent logiciels utilisés couramment en analyse métagénomique. Les résultats de ces logiciels nous permettent de calculer la richesse (le nombre d’espèces différentes présentes) ainsi que l’entérotype (le « type » de bactéries le mieux représenté dans votre microbiote).

Chez Nahibu, nous ne nous arrêtons pas à l’établissement de la liste des bactéries détectées dans votre échantillon. Nous regroupons les gènes présents dans le microbiote en grandes familles fonctionnelles appelés « modules fonctionnels » selon leur impact sur les voies métaboliques de l’organisme. Ceci permet d’expliquer https://nahibu.com/microbiote-intestinal/ et ainsi de connaître ses potentielles forces et faiblesses.

Résultats de l'analyse de votre échantillon de selle et du microbiote intestinal - NAHIBU

6) Réception de vos résultats d’analyse

Une fois toutes ces étapes accomplies, vos résultats sont disponibles dans votre espace personnel Nahibu sous la forme d’un rapport avec la cartographie de votre microbiote et l’analyse fonctionnelle de celui-ci.

Prenez soin de votre microbiote avec Nahibu.

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Syndrome du côlon irritable : une maladie du microbiote ?

Syndrome du côlon irritable : une maladie du microbiote ?

Syndrome du colon irritable : une maladie du microbiote ?

Grâce à cet article, vous allez comprendre ce qu’est le syndrome du côlon irritable, ou colopathie fonctionnelle. Découvrez les symptômes de l’intestin irritable ainsi que le rôle du microbiote dans ceux-ci : vous allez apprendre comment faire le diagnostic de la dysbiose intestinale en cas d’intestin irritable. Nous allons également vous expliquer ce qu’est le régime sans FODMAP et quelle alimentation réduit les symptômes de ce syndrome.  

Qu’est-ce que le syndrome du colon irritable ou colopathie fonctionnelle ?

Le syndrome du colon irritable (SCI), aussi appelé colopathie fonctionnelle ou syndrome de l’intestin irritable, affecte 10 à 15 % de la population mondiale, pour deux tiers des femmes. C’est une maladie multifactorielle qui impliques des facteurs génétiques et environnementaux (stress, alimentation, âge, origine géographique, traitement antibiotique, infections etc.). Cette maladie est la principale cause de consultations en gastro-entérologie, représentant jusqu’à la moitié de celles-ci !

Syndrome de l'intestin irritable et test du microbiote intestinal Nahibu.

Quels sont les symptômes du syndrome du colon irritable ?

Le syndrome du côlon irritable se caractérise notamment par des douleurs abdominales chroniques, des ballonnements et des perturbations du transit souvent associés à de la fatigue, de l’anxiété ou une dépression (jusqu’à 75% des patients), des nausées, des maux de tête et des troubles du sommeil. Cette maladie est dite bégnine car elle n’évolue pas en cancer (ex : cancer colorectal). Elle est également appelée colopathie fonctionnelle, car elle n’engendre pas de modification structurelle de l’intestin.

 

Le diagnostic du colon irritable est-il compliqué ?

Pour diagnostiquer leur syndrome du côlon irritable, les patients doivent parfois surmonter un parcours du combattant. Le diagnostic est souvent long (de plusieurs mois à plusieurs années), les symptômes pouvant être associés à d’autres maladies telles que les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ou l’allergie au gluten.

Les patients entendent souvent dire que le stress est la source de leurs maux. Cette incompréhension ainsi que la vaste palette de symptômes impactent la qualité de vie, l’équilibre mental et social. En effet, les douleurs et l’inconfort poussent les patients à refuser les invitations à dîner et à manger seul pour éviter les questions de leur entourage. Ils peuvent ressentir de la culpabilité, se sentant responsables de leurs troubles à cause du stress. De plus, les troubles intestinaux sont un sujet tabou qu’on ose rarement aborder avec ses proches.

Le diagnostic de cette maladie se base sur les critères de Rome. Le patient doit avoir ressenti des douleurs abdominales récurrentes au moins une fois par semaine pendant au moins les trois mois précédents, avec l’apparition des symptômes plus de six mois auparavant. Cette douleur doit être associée avec des troubles du transit. En effet, la colopathie fonctionnelle peut être associée à une constipation ou une diarrhée.

Il est à noter que les femmes souffrent plus souvent de SCI associé à une constipation que les hommes. Ces signes pouvant être observés dans d’autres maladies, le praticien doit procéder par élimination grâce à son interrogatoire et à des examens complémentaires.

Les causes des douleurs abdominales sont des troubles de la motilité (progression des selles dans l’intestin), une hypersensitivité intestinale, une activation immunitaire, un déséquilibre du microbiote intestinal et des perturbations de la barrière intestinale.

A l’heure actuelle, on ne peut pas guérir le SCI. Les traitements médicamenteux ou probiotiques disponibles peuvent soulager certains symptômes mais ne soignent pas la maladie.

Syndrome de l'intestin irritable et test du microbiote intestinal Nahibu.

Le microbiote est-il la cause de l’intestin irritable ?

Le microbiote intestinal, l’ensemble des micro-organismes colonisant l’intestin, joue un rôle majeur dans la perpétuation des symptômes. L’axe intestin-cerveau est un système bidirectionnel qui intègre le cerveau et les fonctions gastro-intestinales comme la motilité, l’appétit et le maintien du poids, et dans lequel la flore intestinale a un rôle-clé. De plus, la perte de l’équilibre du microbiote, appelé dysbiose, aurait un rôle initiateur dans le SCI et participerait aux symptômes. Cette dysbiose est caractérisée par une augmentation des espèces pathogènes et une diminution des lactobacilles et bifidobactéries.

Elle entraîne une réponse immunitaire et une inflammation à bas bruit, c’est pourquoi on pense désormais que le syndrome du colon irritable est une maladie du microbiote et de l’axe intestin-cerveau. Une perte de diversité bactérienne a été mesurée dans plus de 70 % des cas. Ces anomalies du microbiote et les conséquences sur l’axe intestin-cerveau entraînent des changements dans la motilité et les sécrétions intestinales, contribuant à l’hypersensibilité viscérale et aux altérations des systèmes entéro-endocrine (production d’hormones) et immunitaire.

Le SCI survient fréquemment à la suite d’une infection intestinale, ou gastroentérite, sévère qui a réduit la diversité de la flore intestinale et avec laquelle on observe souvent un SIBO (colonisation bactérienne chronique de l’intestin grêle). Les traitements antibiotiques et le stress sont également des facteurs de risques, ainsi que les susceptibilités génétiques.

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Le colon irritable est-il une maladie inflammatoire ?

Une hausse de 15 à 50 % de la perméabilité intestinale a été mesurée chez les patients. Cette hyperperméabilité permet au microbiote de causer une inflammation et pourrait jouer sur le système nerveux central en augmentant le niveau de cytokines (molécules inflammatoires) s’infiltrant dans la circulation. L’inflammation à bas bruit ainsi créée provoque une hypersensibilité viscérale à la douleur, des dysfonctions neuro-musculaires et des troubles du transit dans les cas de côlon irritable.

L’infiltration de cellules immunitaires à proximité des neurones viscéraux observée chez certains patients est associée aux ballonnements, à la douleur et à la sévérité des symptômes.

Le stress, quant à lui, est un facteur aggravant du SCI car il provoque une activation du système immunitaire.

Syndrome de l'intestin irritable et test du microbiote intestinal nahibu

Que manger en cas de colon irritable ?

Le côlon irritable est plus fréquent dans les sociétés occidentales, ce qui suggère un rôle de l’alimentation dans le SCI, car on sait qu’un régime occidental (riche en sucres rapides, graisses saturées et aliments transformés) provoque le développement d’un microbiote pro-inflammatoire.

De plus, jusqu’à 89 % des patients voient leurs symptômes déclenchés par les repas et l’ingestion d’aliments spécifiques. C’est dans ce contexte qu’ont débuté les recherches autour des FODMAP, les oligosaccharides, disaccharides et monosaccharides et polyols fermentescibles. Ces sucres sont très peu digérés par notre organisme mais rapidement fermentés par nos bactéries intestinales.

Syndrome de l'intestin irritable et test du microbiote intestinal fodmap nahibu

Pourquoi les FODMAP sont-ils mauvais chez les patients SCI ?

Les composés produits en majorité lors de la fermentation des FODMAP sont les acides gras à chaîne courte (AGCC), bénéfiques pour la santé. Or, chez les patients SCI, certains des microbes produisant les AGCC sont altérés et la consommation de FODMAP augmente le volume des gaz et les douleurs abdominales. Les patients ayant une sensibilité viscérale accrue, les ballonnements et gaz sont encore plus douloureux. Doit-on arrêter de manger des FODMAP pour autant ? Non, chez les personnes ne souffrant pas de colopathie fonctionnelle, les FODMAP ne posent aucun problème et peuvent être consommés sans restriction.

Une baisse de la sévérité de symptômes (ballonnements, diarrhée et douleurs) et une amélioration de la qualité de vie sont observées chez environ 70 % des patients suivant un régime à teneur réduite en FODMAP. Ces composés sont présents dans une large variété d’aliments (Une photo[Shido*]) tels que certains fruits et légumes, céréales, les produits laitiers et les aliments transformés, il est donc difficile de les éliminer de son alimentation. De plus, un régime pauvre en FODMAP ne doit pas être maintenu plus de quelques mois. La mise en place d’un tel régime doit être suivi par un diététicien au risque d’être inefficace, d’entraîner une perte de poids, des carences ou des déséquilibres.

Il faut noter qu’une étude a montré que l’amélioration des douleurs par un régime pauvre en FODMAP n’était pas accompagnée par une amélioration de la constipation ou de la diarrhée.

 

Qu’est-ce que le régime sans FODMAP ?

Pour soulager les symptômes et identifier les sucres et aliments auxquels les patients sont intolérants, ils peuvent suivre un régime pauvre en FODMAP pendant 4 à 8 semaines ; c’est la phase d’éviction qui a pour but de reposer l’intestin. Suite à cette phase, les aliments contenant des FODMAP (voir nos recettes pauvres en FODMAP) vont être réintroduits un à un quotidiennement pour en tester la tolérance. C’est ainsi que les malades peuvent identifier les aliments qui leur causent des symptômes et qu’ils doivent donc éviter. À l’inverse, les aliments ne provoquant pas de symptômes peuvent être conservés dans le régime du patient.

Syndrome de l'intestin irritable et test du microbiote intestinal

Recettes pour le régime du syndrome du côlon irritable

Pour soulager les douleurs, ballonnements et autres symptômes du syndrome du côlon irritable, de nombreux patients se tournent vers le régime sans FODMAP. Chez Nahibu, nous proposons des recettes pauvres en FODMAP pour vous accompagner durant la phase d’exclusion. La mention « pauvre en FODMAP » est indiquée dans le texte de la recette. Pour vous aider dans votre cuisine, voici également une liste d’alternatives aux aliments riches en FODMAP. Remplacez les aliments riches en FODMAP par des alternatives qui en contiennent peu ou pas.

Alternative pauvre en FODMAP

Peut-on traiter le SCI avec des probiotiques ?

Les probiotiques sont des micro-organismes vivants qui, administrés en quantité adéquate, ont un effet positif sur l’hôte. En savoir plus sur les probiotiques et les prébiotiques. La combinaison de lactobacilles et bifidobactéries permet de restaurer l’intégrité de la barrière intestinale. Il est désormais accepté qu’une prise régulière de certains probiotiques soulage les symptômes du côlon irritable.

Des études ont montré que chez les patients SCI avec constipation, les troubles du transit et la distension abdominale sont améliorés après un mois de prise de Bifidobacterium lactis. Après deux mois de prise de Bifidobacterium infantis, la production de certaines molécules inflammatoires est normalisée et les symptômes se trouvent améliorés.

Comment bien vivre avec le syndrome de l’intestin irritable ?

Le syndrome du côlon irritable est une maladie multifactorielle difficile à diagnostiquer qui laisse souvent les patients en errance médicale et en souffrance pendant plusieurs années. En plus des symptômes physiques, on observe des conséquences psychologiques chez les malades.

Tout d’abord, écoutez votre corps : souffrir de douleurs chroniques ou de distension abdominale pendant plusieurs mois, voire années, n’est pas normal. Que faire si vous ressentez ces symptômes et pensez souffrir du SCI ? Consultez un médecin qui pourra vous écouter et vous orienter vers un spécialiste si besoin.

L’analyse de la flore intestinale pour détecter votre dysbiose.

Vous pouvez effectuer une analyse du microbiote intestinal pour détecter une dysbiose, ou déséquilibre de la flore intestinale. En effet, le microbiote joue un rôle majeur dans la colopathie fonctionnelle.

Une fois le diagnostic confirmé par un médecin, la question qui se posera à vous est « que manger en cas de colon irritable ? ». Si vous souhaitez tester votre tolérance à certains FODMAP, vous pouvez les exclure pendant plusieurs semaines, avec l’aide d’un diététicien, pour voir si cela soulage vos symptômes. Puis réintroduisez un à un les aliments évincés pour tester votre tolérance. Faites-vous accompagner par un diététicien qui saura vous motiver et s’assurer que vous ne souffrez pas de carences. Vous saurez ensuite quels sont les aliments à éviter pour réduire vos douleurs, ballonnements, gaz et autres inconforts.

Ne vous culpabilisez pas. Le stress n’est pas la source de tous vos maux si vous souffrez de colopathie fonctionnelle. Toutefois, c’est un facteur aggravant. Il est donc recommandé d’adopter des techniques de relaxation telle que la méditation, la cohérence cardiaque ou le yoga pour ne pas voir ses troubles empirer.

Enfin, n’ayez pas peur d’en parler. Une grande partie de la population souffre de cette maladie de plus en plus connue, vous n’êtes donc pas seul. N’hésitez pas à expliquer vos symptômes pour que votre entourage comprenne ce que vous vivez et vous accompagne comme il le peut, notamment lors des repas. Vous vous sentirez peut-être aussi libéré d’un poids !

Sources : 

Irritable Bowel Syndrome : Epidemiology, Pathophysiology, Diagnosis, and Treatment. Dean Nathanial Defrees et Justin Bailey, 2017

Irritable bowel syndrome, the microbiota and the gut-brain axis. Hans Raskov, Jakob Burcharth, Hans-Christian Pommergaard and Jacob Rosenberg, 2016

Pathophysiology of irritable bowel syndrome. Gerald J Holtmann, Alexander C Ford and Nicholas J Talley, 2016

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Un microbiote déséquilibré est-il la cause de l’obésité ?

Un microbiote déséquilibré est-il la cause de l’obésité ?

Un microbiote déséquilibré est-il la cause de l’obésité ?

Quelle est l’importance de l’obésité dans le monde ?

Selon l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS), en 2016, 1,9 milliard d’êtres humains étaient en surpoids et plus de 2,8 millions de personnes décèdent chaque année du fait de leur surpoids ou de leur obésité. Après avoir touché les pays à revenu élevé, ce qu’on appelle « l’épidémie d’obésité » affecte désormais aussi les pays à faible ou moyen revenu.

L’Indice de Masse Corporelle (IMC), indicateur de corpulence, est la mesure la plus communément utilisée pour définir l’obésité et le surpoids. Il est calculé en divisant le poids en kg par le carré de la taille en m. Entre 25 et 30, on est en surpoids ; au-delà de 30, on parle d’obésité. L’excès de masse grasse induit de nombreux risques pour la santé, d’autant plus si cette graisse est abdominale.

Il existe différents degrés d’obésité selon lesquels les risques pour la santé s’aggravent. De nombreuses maladies chroniques telles que le diabète de type 2, les maladies cardio-vasculaires et le cancer ont pour facteur de risque le surpoids et l’obésité. C’est pourquoi le maintien d’un poids sain (IMC entre 18,5 et 25) est un enjeu majeur de santé publique.

Malgré les actions de prévention et les solutions thérapeutiques existantes (régime, chirurgie, prise en charge psychologique…), l’obésité ne cesse de gagner du terrain depuis plusieurs décennies, les chiffres ayant presque triplé dans le monde depuis 1975. C’est une maladie complexe dont la cause se trouve parfois ailleurs que dans les comportements alimentaires.

Un déséquilibre du microbiote intestinal chez les personnes obèses.

Toujours selon l’OMS, 41 millions d’enfants de moins de 5 ans étaient en surpoids ou obèses en 2016. On dit qu’un microbiote « obésogène » se met en place dès la naissance. Le microbiote intestinal est l’ensemble des micro-organismes présents dans l’intestin, participant à la digestion et à notre santé en général. Quel est donc le rôle du microbiote dans l’obésité ?

D’après de nombreuses études scientifiques, il existe aujourd’hui un lien évident entre microbiote et prise de poids. En effet, la flore intestinale d’une personne obèse est significativement différente de celle d’un individu de corpulence normale.

Une des premières études scientifiques sur le lien entre obésité et microbiote a observé que des souris dépourvues de microbiote intestinal depuis la naissance étaient plus minces que des souris normales, malgré un apport calorique supérieur. Ceci s’explique par la capacité de nos bactéries à extraire des calories additionnelles des aliments pour nous permettre de tirer profit au mieux de notre alimentation. De plus, les caractéristiques de l’obésité étaient transmissibles à des souris sans flore intestinale en leur greffant les microbes provenant des souris obèses. Cela signifie que la présence du « microbiote obèse » chez des souris auparavant sans bactéries intestinales a causé l’obésité. Ces résultats suggèrent un lien étroit entre obésité et microbiote, toutefois, ces expériences ont été menées sur des souris, et la greffe de microbiote a eu lieu sur des souris ne possédant pas de microbiote. Or, aucun humain n’est dépourvu de microbes intestinaux…

Chez les Hommes et les animaux, l’obésité est associée à une diversité microbienne plus faible. De plus, chez les obèses, la proportion du phylum Firmicutes augmente alors que le phylum Bacteroidetes a tendance à diminuer. Ceci induirait une plus grande facilité à extraire l’énergie des aliments, et augmenterait le stockage des calories sous forme de graisse dans le tissu adipeux. Des déficits en Akkermansia muciniphila, une bactérie avec des effets bénéfiques sur l’intestin, ont également été observés chez les personnes en surpoids.

Il existe aujourd’hui un lien évident entre un microbiote altéré et la prise de poids.

Le microbiote est-il la cause de l’obésité ?

On observe des changements dans la composition microbienne intestinale des personnes en surpoids ou obèses. Le microbiote serait-il donc responsable de la prise de poids ? Tout n’est pas si simple. Le développement de l’obésité est multifactoriel et il est impossible d’en identifier une cause unique. Il est le fruit d’interactions complexes entre des facteurs génétiques, environnementaux et le microbiote intestinal.

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Comment le microbiote régule-t-il la prise alimentaire ?

Les bactéries intestinales produisent des composés lors de la digestion de résidus alimentaires dans le côlon. Ces composés, ou métabolites, ont un effet sur nos tissus mais aussi sur le cerveau, directement ou indirectement en agissant via des fibres nerveuses comme le nerf vague, reliant intestin et cerveau. Ils influent sur le métabolisme, l’appétit et la prise alimentaire.

Le microbiote intestinal produit des neurotransmetteurs comme la sérotonine et le GABA (acide gamma-aminobutyrique) qui régulent l’appétit. La sérotonine supprime l’appétit en modulant les neurones à mélanocortine qui contrôlent le maintien du poids du corps. Le GABA, quant à lui, stimule la prise alimentaire et est essentiel à la régulation de la balance énergétique.

Autres métabolites d’importance, les acides gras à chaîne courte (acétate, butyrate et propionate) sont également produits par la fermentation bactérienne. Ils peuvent modifier la libération d’hormones provenant de l’intestin vers la circulation et ainsi réguler l’appétit.

Probiotique pour maigrir et lutter contre l'obésité

Des probiotiques pour maigrir ?

Le déséquilibre du microbiote présent chez les personnes obèses n’est pas irréversible. Une étude a en effet montré que les modifications observées dans le microbiote (hausse des Firmicutes et baisse des Bacteroidetes) ont été réduits suite à un changement de régime visant à perdre du poids et de la masse grasse chez les obèses.

Peut-on modifier sa flore intestinale pour maigrir ? La capacité du microbiote intestinal à être modulé et son lien avec le surpoids ouvre de nouvelles opportunités de traitement. Une des options les plus prometteuses vise à modifier sa composition. En effet, la présence ou l’absence de certaines bactéries dans le microbiote intestinal aurait un rôle significatif dans la prise de poids.

Les probiotiques, des micro-organismes vivants qui, administrés en quantité adéquates, confèrent un effet bénéfique à l’hôte, offrent des possibilités de traitement. Les espèces de Bifidobacterium et Lactobacillus sont parmi les plus communément utilisées dans les probiotiques et auraient des effets anti-obésité. Akkermansia muciniphila produirait également des actions bénéfiques en inversant les effets métaboliques de l’obésité. Toutefois, la plupart des études testant ces probiotiques ont été menées sur des rongeurs ; il est donc impossible à l’heure actuelle de conclure sur l’efficacité d’une bactérie particulière pour prévenir ou traiter l’obésité chez l’Homme.

Les prébiotiques quant à eux, sont des composés non-digestibles qui, après leur métabolisme par les micro-organismes intestinaux, modulent la composition du microbiote, son activité ou les deux, ce qui génère des effets positifs sur l’hôte.

Un régime riche en fibres, et donc riche en prébiotiques naturellement présents dans l’alimentation, augmente l’abondance de bactéries bénéfiques comme certaines espèces de Bifidobacterium et Lactobacillus. Il vaut mieux donc plutôt voir le microbiote comme un allié contre l’obésité.

Conclusion :

Il est difficile de déterminer si le microbiote est la cause de l’obésité car de nombreux paramètres, environnementaux et génétiques, interviennent dans le développement de cette maladie. Un déséquilibre du microbiote ainsi que des changements d’abondance de certaines espèces ont été observés chez les personnes obèses comparées aux personnes saines. L’obésité et le surpoids sont donc associés à une signature microbienne altérée. Toutefois, les mécanismes biologiques de régulation de la prise de poids, de l’appétit et de la satiété sont complexes et il paraît difficile d’identifier une bactérie qui guérira l’obésité.

A l’heure actuelle, il est préférable de se concentrer sur des moyens de prévention tels que la pratique d’une activité physique régulière, une alimentation équilibrée et la surveillance de l’équilibre de son microbiote intestinal. La présence de fibres variées dans l’alimentation permet non seulement d’augmenter la richesse du microbiote intestinal, mais aussi d’augmenter la sensation de satiété, d’améliorer la production d’acides gras à chaîne courte et de réguler l’absorption des graisses. Il est donc recommandé de manger des fruits, légumes et légumineuses en quantité suffisante (au moins cinq portions par jour) pour lutter au mieux contre le surpoids. La pratique d’une activité physique régulière permet de dépenser des calories et favorise également la diversité du microbiote. Enfin, un déséquilibre de la flore intestinale, éventuellement lié au surpoids, peut être révélé par une analyse du microbiote.

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