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№ 538Santé

Que sont les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ?

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin touchent 250 000 personnes en France et se caractérisent par une…

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Les maladies inflammatoires chroniques de l'intestin - microbiote intestinal - nahibu

Dans cet article vous allez apprendre à reconnaitre les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin. Les MICI regroupent la rectocolite hémorragique et la maladie de Crohn. Vous allez découvrir les symptômes de ces troubles intestinaux chroniques, leurs causes potentielles et le rôle du microbiote dans leur développement.

Que sont les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ?

Les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin (MICI) touchent 10 millions de personnes dans le monde, 3 millions en Europe, dont 250 000 en France. Chaque année 8 000 nouveaux cas sont diagnostiqués d’après l’Association François Aupetit (AFA) et cette tendance est à la hausse. Le pic de diagnostic se situe entre 15 et 35 ans. Les MICI sont particulièrement présentes dans les pays occidentaux et en Europe du Nord.

Le terme MICI regroupe la maladie de Crohn (MC) et la rectocolite hémorragique (RCH), aussi appelée colite ulcéreuse. Toutes deux sont caractérisées par une inflammation de la paroi d’une partie du tube digestif, due à une hyper activation du système immunitaire entérique. Elles sont donc considérées comme des maladies auto-immunes. Les facteurs génétiques, environnementaux et le déséquilibre de la flore intestinale font partie des causes identifiées engendrant le développement de ces maladies inflammatoires. Toutefois, l’origine exacte du développement de ces pathologies reste inconnue et aucun traitement curatif n’a encore été élaboré.

Maladie de Crohn et rectocolite hémorragique : quelles différences ?

Ces deux maladies touchent autant les hommes que les femmes avec un âge d’apparition plus commun dans la deuxième et quatrième décennie de vie. La MC peut affecter toutes les parties du tube digestif, de la bouche à l’anus tandis que la RCH peut toucher le rectum et le côlon (entièrement ou en partie), mais n’affecte jamais l’anus ou l’intestin grêle. Ces deux maladies évoluent par poussées : des phases de symptômes plus ou moins sévères alternent avec des phases de rémission sans symptômes.


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Quels sont les symptômes des MICI ?

Les symptômes de ces maladies sont variés et invalidants : douleurs au ventre souvent sévères, envie d’aller aux toilettes jusqu’à quinze fois par jour, de manière impérieuse et sans possibilité de se retenir. Les patients peuvent avoir des diarrhées, parfois avec du sang. Ces symptômes peuvent être accompagnés d’une fatigue extrême, un manque d’appétit, une perte de poids, etc. Des complications peuvent également affecter la région anale (fissures, fistules, abcès).

Les MICI peuvent être associées notamment à un rhumatisme articulaire touchant les articulations des membres (chevilles, genoux, poignets…) ou le rachis (spondylarthrite), des aphtes buccaux, des érythèmes noueux (boursoufflures de la taille d’une noix, dures, rouges et douloureuses, sur les jambes et les avant-bras), une uvéite (inflammation de la partie centrale des yeux) ou une inflammation des voies biliaires.

Les symptômes, notamment douleurs et diarrhées, compliquent la vie des patients : les réunions de travail, les sorties, l’utilisation des transports en commun, les cours et toute autre activité sociale deviennent difficiles à suivre. Ceci peut affecter l’équilibre psychologique des patients et engendrer un repli sur soi et un sentiment de solitude.



Comment diagnostiquer les MICI ?

Les personnes présentant les symptômes des MICI doivent consulter un médecin qui étudiera les antécédents médicaux, l’utilisation d’anti-inflammatoires non stéroïdiens et d’antibiotiques, et pratiquera un examen. Il faut éliminer les causes infectieuses, par exemple lors d’un voyage à l’étranger. Suite à une consultation avec un gastro-entérologue, une coloscopie, un examen visuel du côlon par l’intermédiaire d’une sonde, montrant des altérations des villosités de l’intestin peut confirmer le diagnostic. Contrairement au syndrome du côlon irritable, la structure de l’intestin est endommagée chez les patients MICI. La coloscopie permet également de confirmer l’étendue des altérations.

Un bilan sanguin peut révéler une anémie et une thrombocytose (hausse du nombre de plaquettes circulantes), communes dans les cas de MICI. Une hypoalbuminémie et des carences en vitamines peuvent indiquer une malnutrition associée.

alimentation déséquilibrée Nahibu

Quelles sont les causes des MICI ?

Les causes de ces maladies ne sont pas totalement identifiées. Des facteurs génétiques et environnementaux participent au processus d’inflammation. Même si ce ne sont pas des maladies héréditaires, les personnes ayant un parent, frère, sœur ou enfant souffrant de MICI a cinq fois plus de risque de développer cette maladie à son tour. Plus de 200 mutations génétiques sont liées au développement de ces pathologies.

Les facteurs environnementaux, notamment l’alimentation, semblent jouer un rôle important dans le développement des MICI. En effet un régime riche en graisses saturées et viande transformée est associé à un risque plus élevé tandis qu’un régime riche en fibres diminue le risque d’apparition des MICI. Les médicaments perturbant le microbiote intestinal (antibiotiques, statines etc.) peuvent aussi augmenter le risque de développer ces pathologies. La réponse immunitaire de l’hôte est impliquée dans le développement des MICI, ainsi que des perturbations de la barrière intestinale. Deux hypothèses principales pourraient expliquer, en partie du moins, l’apparition des MICI.

L’hypothèse hygiéniste

Dans nos sociétés occidentales modernes, les enfants sont de moins en moins exposés aux microbes présents dans l’environnement. Ceci est dû à l’utilisation extensive de produits ménagers désinfectants et un mode de vie majoritairement urbain. Cette exposition insuffisante à divers microbes durant l’enfance pourrait empêcher le développement optimal des défenses immunitaires et du microbiote. En effet, un enfant exposé à des agents infectieux va renforcer son système immunitaire et disposera, à l’âge adulte, d’une meilleure réponse immunologique vis-à-vis de nouveaux antigènes. La théorie hygiéniste propose que la recrudescence des troubles immunologiques chez l’adulte, soit en partie causée par un manque d’exposition dans l’enfance à une grande variété de micro-organismes. Les MICI étant des maladies immunitaires, l’environnement aseptisé dans lequel nous vivons pourrait être lié à leur développement.

Alimentation et MICI

Une alimentation pauvre en fibres réduit la production d’acides gras à courte chaîne (AGCC) et la présence de bactéries productrices d’AGCC. Or, les AGCC, principalement le butyrate, pourraient jouer un rôle-clé dans les MICI car ils modulent la réponse immunitaire. Les bactéries produisant les AGCC sont en quantité moindre chez les patients MICI et des taux plus faibles d’AGCC ont été retrouvés dans les selles d’enfants souffrant de MICI. Tout ceci semble indiquer qu’il y aurait un lien entre l’alimentation et le développement des MICI, par l’intermédiaire de l’action des AGCC.

Quels sont les aliments à éviter ? Les aliments transformés peuvent réduire la diversité du microbiote et affecter l’imperméabilité de la barrière intestinale, il est donc recommandé de les éviter pour préserver un bon équilibre intestinal. Il en est de même pour l’alcool, qui, consommé régulièrement diminue la biodiversité de vos intestins. Toutefois, on ne peut pas garantir qu’une alimentation pauvre en produits transformés ou en alcool préviendra l’apparition des MICI.

médicaments Nahibu

Quels sont les traitements pour les MICI ?

Les traitements médicamenteux actuellement disponibles ne guérissent pas la maladie mais peuvent réduire l’intensité, la durée et la récurrence des poussées.

La chirurgie est parfois nécessaire pour certains patients. Vingt à trente pour cent des patients souffrant de rectocolite hémorragique ont recours à la chirurgie durant leur vie. Quant à la MC, la moitié des patients subissent une intervention chirurgicale dans les 10 ans suivant le diagnostic.

Les patients RCH ont un risque accru de développer un cancer du côlon, des coloscopies régulières sont donc nécessaires pour surveiller ce risque. La durée de vie des patients souffrant de RCH est similaire à celle d’individus sains depuis l’introduction des traitements aux corticostéroïdes. Les patients souffrant de MC ont un taux de mortalité légèrement plus élevé que la population saine (de 1,3 à 1,5 fois plus), dépendant de la surface affectée (intestin grêle, côlon ou les deux) et de la survenue de complications telles que le cancer colorectal, l’anémie et la malnutrition.

microbiote intestinal Nahibu

Quel est le rôle du microbiote dans les maladies immunes comme les MICI ?

La dysbiose, ou déséquilibre du microbiote intestinal, semble jouer un rôle dans les MICI. Une baisse de la diversité de la flore intestinale a été corrélée au développement de ces pathologies. On observe majoritairement une baisse de la population de Firmicutes et une augmentation des Proteobacteria et Bacteroidetes. Ceci peut diminuer la production d’AGCC et altérer la réponse immunitaire de l’hôte. On retrouve aussi une augmentation des bactéries qui se nourrissent de mucines, comme les Proteobacteries, ce qui affecte la barrière intestinale et la composition bactérienne globale.

La bactérie Faecalibacterium prausnitzii a un effet anti-inflammatoire grâce à sa production de butyrate à partir des aliments ingérés. Or, cette bactérie est en quantité plus faible chez les patients souffrant de la maladie de Crohn. Des taux réduits de cette bactérie ont également été observés chez les patients avec rectocolite hémorragique durant leur période de rémission, mais le retour à des taux normaux est associé avec la maintenance de la rémission.

La bactérie Escherichia coli adhérent et invasif (l’AIEC) est plus abondante chez les patients avec la MC. Elle adhère à la paroi intestinale et augmente la perméabilité de l’intestin, la composition du microbiote et induit une réponse inflammatoire.

Les bactéries dégradant le sulfate telles que les Desolfuvibrio sont plus nombreuses chez les patients MICI, ce qui augmente la production de sulfate d’hydrogène endommageant les cellules et induisant une inflammation intestinale.

Toutes ces données tendent à prouver un rôle de la composition du microbiote intestinal dans le développement des MICI.

Fin de l’article · 5 FÉV 2021

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