Syndrome du colon irritable : une maladie du microbiote ?
Grâce à cet article, vous allez comprendre ce qu’est le syndrome du côlon irritable, ou colopathie fonctionnelle. Découvrez les symptômes de l’intestin irritable ainsi que le rôle du microbiote dans ceux-ci : vous allez apprendre comment faire le diagnostic de la dysbiose intestinale en cas d’intestin irritable. Nous allons également vous expliquer ce qu’est le régime sans FODMAP et quelle alimentation réduit les symptômes de ce syndrome.
Qu’est-ce que le syndrome du colon irritable ou colopathie fonctionnelle ?
Le syndrome du colon irritable (SCI), aussi appelé colopathie fonctionnelle ou syndrome de l’intestin irritable, affecte 10 à 15 % de la population mondiale, pour deux tiers des femmes. C’est une maladie multifactorielle qui impliques des facteurs génétiques et environnementaux (stress, alimentation, âge, origine géographique, traitement antibiotique, infections etc.). Cette maladie est la principale cause de consultations en gastro-entérologie, représentant jusqu’à la moitié de celles-ci !

Quels sont les symptômes du syndrome du colon irritable ?
Le syndrome du côlon irritable se caractérise notamment par des douleurs abdominales chroniques, des ballonnements et des perturbations du transit souvent associés à de la fatigue, de l’anxiété ou une dépression (jusqu’à 75% des patients), des nausées, des maux de tête et des troubles du sommeil. Cette maladie est dite bégnine car elle n’évolue pas en cancer (ex : cancer colorectal). Elle est également appelée colopathie fonctionnelle, car elle n’engendre pas de modification structurelle de l’intestin.
Le diagnostic du colon irritable est-il compliqué ?
Pour diagnostiquer leur syndrome du côlon irritable, les patients doivent parfois surmonter un parcours du combattant. Le diagnostic est souvent long (de plusieurs mois à plusieurs années), les symptômes pouvant être associés à d’autres maladies telles que les maladies inflammatoires chroniques de l’intestin ou l’allergie au gluten.
Les patients entendent souvent dire que le stress est la source de leurs maux. Cette incompréhension ainsi que la vaste palette de symptômes impactent la qualité de vie, l’équilibre mental et social. En effet, les douleurs et l’inconfort poussent les patients à refuser les invitations à dîner et à manger seul pour éviter les questions de leur entourage. Ils peuvent ressentir de la culpabilité, se sentant responsables de leurs troubles à cause du stress. De plus, les troubles intestinaux sont un sujet tabou qu’on ose rarement aborder avec ses proches.
Le diagnostic de cette maladie se base sur les critères de Rome. Le patient doit avoir ressenti des douleurs abdominales récurrentes au moins une fois par semaine pendant au moins les trois mois précédents, avec l’apparition des symptômes plus de six mois auparavant. Cette douleur doit être associée avec des troubles du transit. En effet, la colopathie fonctionnelle peut être associée à une constipation ou une diarrhée.
Il est à noter que les femmes souffrent plus souvent de SCI associé à une constipation que les hommes. Ces signes pouvant être observés dans d’autres maladies, le praticien doit procéder par élimination grâce à son interrogatoire et à des examens complémentaires.
Les causes des douleurs abdominales sont des troubles de la motilité (progression des selles dans l’intestin), une hypersensitivité intestinale, une activation immunitaire, un déséquilibre du microbiote intestinal et des perturbations de la barrière intestinale.
A l’heure actuelle, on ne peut pas guérir le SCI. Les traitements médicamenteux ou probiotiques disponibles peuvent soulager certains symptômes mais ne soignent pas la maladie.

Le microbiote est-il la cause de l’intestin irritable ?
Le microbiote intestinal, l’ensemble des micro-organismes colonisant l’intestin, joue un rôle majeur dans la perpétuation des symptômes. L’axe intestin-cerveau est un système bidirectionnel qui intègre le cerveau et les fonctions gastro-intestinales comme la motilité, l’appétit et le maintien du poids, et dans lequel la flore intestinale a un rôle-clé. De plus, la perte de l’équilibre du microbiote, appelé dysbiose, aurait un rôle initiateur dans le SCI et participerait aux symptômes. Cette dysbiose est caractérisée par une augmentation des espèces pathogènes et une diminution des lactobacilles et bifidobactéries.
Elle entraîne une réponse immunitaire et une inflammation à bas bruit, c’est pourquoi on pense désormais que le syndrome du colon irritable est une maladie du microbiote et de l’axe intestin-cerveau. Une perte de diversité bactérienne a été mesurée dans plus de 70 % des cas. Ces anomalies du microbiote et les conséquences sur l’axe intestin-cerveau entraînent des changements dans la motilité et les sécrétions intestinales, contribuant à l’hypersensibilité viscérale et aux altérations des systèmes entéro-endocrine (production d’hormones) et immunitaire.
Le SCI survient fréquemment à la suite d’une infection intestinale, ou gastroentérite, sévère qui a réduit la diversité de la flore intestinale et avec laquelle on observe souvent un SIBO (colonisation bactérienne chronique de l’intestin grêle). Les traitements antibiotiques et le stress sont également des facteurs de risques, ainsi que les susceptibilités génétiques.
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